Le Sorcier avait besoin de son arme favorite. Et il l’avait laissée dans ses affaires près des chevaux. Ce n’était qu’à quelques mètres de là où il était et cela ne nécessitait donc pas un sortilège de téléportation très compliqué.
Ses mains effectuèrent l’enchaînement sans hésiter.
Quand il fut terminé Kalak se mit à tourner sur lui-même. Doucement au début, puis de plus en plus rapidement. Puis il disparut. Pendant un instant le Sorcier se retrouva dans le monde des Morts. Des ombres grises planaient en sifflant autour de lui dans un pays sombre et terrible. Mais le Sorcier pensa en se concentrant au lieu où il désirait aller et les ombres s’évanouirent. Il se retrouva à nouveau dans la forêt, près de son puissant étalon noir qui se reposait paisiblement, allongé sur le sol.
L’envoyé du Noir se saisit alors d’un long étui noir, rangé parmi ses bagages.
Il ouvrit avec précaution la serrure qui fermait l’objet et en tira un instrument en bois noir vernis de forme allongée.
Kalak le prit à deux mains et, à leur contact, deux lames de faux étincelantes se déplièrent dans l’obscurité. Le bruit d’un déclic se fit entendre et l’arme termina de se constituer.
Sur le manche sombre des arabesques couleur de feu se dessinèrent. Elles s’étendirent progressivement à partir des mains du Sorcier jusqu’à couvrir entièrement l’arme.
C’était une faux antique et extrêmement puissante.
En effet ses deux extrémités étaient parfaitement aiguisées et pouvaient venir à bout de n’importe quelle armure ou bouclier. Les blessures causées ne se refermaient pas facilement et cicatrisaient très lentement. De plus, maniée avec habileté cette grande arme à double lame pouvait porter des coups à une vitesse si rapide que l’on ne la voyait même plus pourfendre l’air.
Le Sorcier, un petit sourire cruel sur les lèvres, refit apparaître un nuage de brouillard magique pour se déplacer et alla rejoindre le garde-chasse qui l’attendait, une ride profonde barrant son front…
Lorsque le forestier vit surgir de l’obscurité le Sorcier, entouré de brume, une boule argentée tournant autour de lui et éclairant sa large faux à double tranchant qu’il tenait à deux mains, il sut que sa dernière heure était arrivée. Il serra si fort son épée que les jointures de ses droits devinrent blanches, tandis que ses pupilles se rétrécissaient au contact de la lumière. Il chassa courageusement la peur qui l’envahissait et tenta du mieux qu’il pouvait de se concentrer uniquement sur le combat qu’il allait devoir mener.
En quelques instants cependant le puissant Mage en toge noire se tenait devant lui, un air glacial sur son visage lisse et une lueur de meurtre dans les yeux.
Autour d’eux la dizaine de Roths survivants s’était rapprochée et faisait un cercle silencieux autour des deux protagonistes. Ils avaient abandonné la poursuite de l’autre garde-chasse blessé qu’ils jugeaient complètement incapable de nuire et voué à mourir, et donc inintéressant.
Tous les regards étaient rivés sur les deux chefs qui se mettaient en position de combat.
Pendant un instant qui sembla durer des heures les deux hommes tournèrent l’un autour de l’autre, étudiant soigneusement toutes les possibilités d’attaque.
Enfin Kalak trouva un moment propice et fondit sur son adversaire, sa grande faux tournoyant dans les airs. Cependant Matt le forestier réussit à dévier le coup mortel que la terrible arme allait lui porter au visage, d’un large revers d’épée.
Mais il ne put pas esquiver de la même façon la deuxième lame, qui lui laissa une sanglante entaille sur la jambe droite.
Le guerrier serra les dents et attaqua à son tour son adversaire, enchaînant les coups de toute sa force. Mais le Sorcier parait aisément à l’aide de sa faux et répondait à chaque fois aux assauts de son ennemi.
Les deux adversaires transpiraient et Matt s’essoufflait rapidement. La respiration rauque et difficile il se défendait pourtant avec habilité des attaques de Kalak qui le harcelait sans relâche.
Malgré tout le Sorcier réussit à de nombreuses reprises à le blesser, et le corps du forestier se couvrait progressivement de griffures rouges.
Kalak prenait un malin plaisir à faire souffrir le plus longtemps possible Matt, acculé, et il faisait attention à n’infliger au garde-chasse que de douloureuses mais peu profondes entailles. Il voulait vaincre son ennemi lentement, avec une maîtrise et une force contenue.
Lui de son côté avait comprit depuis les premières charges que l’envoyé du Noir était plus fort que lui. Il essayait désespérément de prendre l’offensive mais il était toujours surpris par la rapidité et la vélocité des attaques du Sorcier. Les guerriers luttaient férocement et le combat commençait à s’éterniser.
Pourtant à un moment donné le garde-chasse découvrit une faille dans la défense de son ennemi. Aussitôt il lui porta un coup violent et rapide, mettant tout ce qu’il lui restait de force dans cet assaut désespéré. Son épée s’engouffra dans la garde du Sorcier et alla s’enfoncer de côté dans son bras, au niveau du coude. Une profonde blessure apparut alors et du sang se mit à couler avec violence. Mais au lieu de laisser tomber son arme de douleur comme l’aurait fait n’importe quelle autre personne, Kalak prit immédiatement sa faux à une seule main et assena un puissant revers de lame au forestier emporté par son élan.
La tête du pauvre soldat fut tranchée net par le coup et vola jusqu’aux pieds d’un des Sahrat, qui regardait froidement la scène. Le corps décapité du garde-chasse tomba alors sur le sol, dans une mare de sang. Les Roths firent une ovation à leur chef victorieux et poussèrent de longs cris de rage et de joie, leur instinct sanguinaire en partie comblé.
Le Sorcier déposa alors doucement son arme rougie sur le sol, sans rien laisser paraître de sa souffrance devant ses hommes. Son visage était toujours imperturbable et seul son sourire cruel avait disparut. Son bras blessé pendait, inanimé, sur le côté et sa blessure entachait sa robe noire d’une grande tache vermeille mais il n’y prêtait pas d’importance. Les boules argentées des sortilèges Roths éclairaient la scène d’une lumière dure et changeante, et donnaient à Kalak un air encore plus effrayant.
« Tant pis pour la Vouivre que j’ai demandé au maître, je ne peux pas attendre plus longtemps. Cette maudite Elfe doit mourir maintenant, elle m’a déjà suffisamment bravé. Avec cette embuscade et ces simples chevaux je ne pourrais pas la rattraper. Et ces Roths que j’ai envoyés qui ne reviennent pas…
Qu’importent les risques, Salathor est avec moi et il me le montre tous les jours. Les arabesques noires ont encore grandi ces derniers temps. Je ne peux supporter d’être humilié plus longtemps dans la recherche de cette simple messagère. Moi Kalak le Sorcier, bras droit du héraut en personne ! Et quand à ce jeune homme aux pouvoirs particuliers il mourra pour avoir accompagné l’Altaï, même si je suis sur que j’aurais pu faire quelque chose d’intéressant avec lui. Allez, je lance sortilège » Se dit le Sorcier en avec rage. La fureur faisait luire ses yeux et froncer ses sourcils noirs sous sa sombre capuche et son dos voûté.
Il sortit de son fourreau noir sa dague acérée et il se pencha sur le corps de Matt. De sa main encore valide il traça alors une arabesque torturée dans la chair du guerrier défunt.
Les Roths regardèrent avec extase leur chef pratiquer ce sortilège ignominieux, dont tous connaissaient les terribles conséquences.
Lorsqu’il eut finit de mutiler le corps de son ennemi vaincu le Sorcier ouvrit une petite bourse de cuir qu’il portait à son côté et qui contenait une poudre blanche. Il versa ensuite cette poudre en traçant sur le sol autour du cadavre un grand pentacle. Puis, après avoir rangé sa dague et remit sa bourse à sa ceinture, il commença à lancer le sortilège.
Tous les Roths reculèrent tandis que Kalak effectuait l’enchaînement compliqué que nécessitait ce sort. Ses mains bougeaient si vite qu’il était impossible de saisir une simple figure de ce que faisait le Mage en toge noire.
Et pendant tout le reste de la nuit le Sorcier récita sa terrible incantation. La forêt était emplie des cris des Roths et des psalmodies du bras droit de Lasash.
Enfin à l’aube naissante cela se produisit. Le Sorcier conclut l’horrible incantation d’un revers de la main et attendit une lueur de feu dans les pupilles.
Un terrible cri se fit alors entendre dans toute la forêt. C’était un hurlement pareil à ceux des loups qui hantent les grands bois au plus sombre de l’hiver. La forêt elle-même parut se flétrir à ce bruit et le temps s’arrêter, tandis que du corps affreusement mutilé de Matt le garde-chasse un filet de fumée noire montait doucement dans l’air. Il serpentait et se courbait toujours plus, serpent terrible au long corps sombre et brillant à la fois. Puis, alors qu’il commençait à prendre malgré tout de la hauteur, un sifflement se fit entendre. Doux et léger au début, tel une brise d’été, il devint de plus en plus fort et s’intensifia en vibrant. Les Roths se bouchèrent les oreilles tandis que le son torturé continuait de monter, faisant frémir la forêt toute entière. Seul Kalak ne semblait pas indisposé par le formidable bruit qui avait atteint maintenant son paroxysme. Même les arbres environnants tremblaient tandis que tous les animaux habitants des bois s’enfuyaient bruyamment, terrifiés. Enfin un énorme craquement se fit entendre, pareil à celui de la terre qui se fissure et se brise. Le mince filet de fumée noire c’était séparé en deux et formait comme une ouverture, une brèche dans la réalité.
C’était une brèche vers un monde qui aurait toujours dû rester clos, un monde qui ne respectait pas les règles que la nature avait instaurée, un monde qui n’appartenait pas à la même réalité, seulement au plus terrible des cauchemars…
Et de cette brèche surgit l’une de celles qui étaient parmi les plus noires et les plus horribles des créatures de Salathor, une Xïlls. Elle sortit doucement et avec difficulté, juste avant que la fracture ouverte ne se referme, avec un fracas pareil au long grondement d’un coup de tonnerre furieux.
Elle se présentait sous la forme d’un spectre gris terrifiant, grand et vaporeux. Son corps était pareil à celui de l’ombre d’un torse humain doublé d’une queue de fumée à la place des jambes et d’une tête décharnée et morbide. Celui qui regardait ses yeux en face ne voyait pas sa forme réelle mais tous les moments les plus terribles, les plus dramatiques de sa vie, qui défilaient alors en boucle devant ses yeux ahuris. Les Xïlls obéissaient à la personne qui les avait invoquée, et seulement à elle. Elles prenaient possession de l’esprit de leur victime et finissait par la diriger, tel un ignoble parasite. Elle rendait ensuite la personne désespérée jusqu’à devenir folle, jusqu’à mourir, de chagrin. Alors elle se nourrissaient de sa substance vitale et de son corps, puis retournaient vers leur maître.
Il n’y avait rien de connu qui permettait de libérer quelqu’un d’un Xïll…
Quand il vit la créature qui était sortie de la brèche Kalak soupira de soulagement, et tous les Roths tombèrent à genoux devant l’horreur sans nom qui se dressait devant eux… Le Xïll balaya du regard l’espace autour de lui. Ses yeux finirent par rencontrer ceux de Kalak qui tressaillit sans pourtant être sous l’emprise de la bête, car il en était le maître. Le Xïll s’avança doucement dans sa direction, en détachant son regard pour ne pas blesser le Sorcier. Les Roths aplatirent encore plus leurs faces sur le sol. Enfin, lorsqu’il ne fut plus qu’à un mètre de l’envoyé de Lasash il s’arrêta.
Le Sorcier entendit une profonde voix dans son esprit, une voix torturée et grave à la fois, où se mêlaient à parts égales dédain et servitude. Le Xïll lui dit alors :
_ Parle, ô Sorcier qui m’a invoqué pour ravager ton monde, ton serviteur écoute.
_ Vas, et tue le porteur du message des Elfes pour le Roi des Humains. Reviens moi ensuite.
_ Bien, ton désir sera exaucé, ô maître.
Et le Xïll partit doucement dans la nuit, ne laissant derrière lui qu’une traînée d’ombre dans la nuit et une forte odeur de pourriture…
***
Cependant, pendant que la bataille entre les Roths et les forestiers avait fait rage Alae, traînant toujours Marc avec elle, avait chevauché sans relâche. La belle Elfe avait presque oublié la notion du temps et la date de leur départ depuis la nuit de leur combat contre les Roths tant son épuisement était grand.
Elle avait chevauché presque sans s’arrêter durant des dizaines d’heures, de nuit comme de jour, ne faisant que de courts intervalles pour faire se reposer les chevaux, boire, manger et dormir un peu. De plus elle devait aussi s’occuper de Marc, qui n’avait toujours pas reprit ses esprits. Il paraissait dormir d’un sommeil agité de cauchemars et était régulièrement secoué de tremblements. Durant le voyage elle s’inquiétait à l’idée que le jeune homme ne tombe de cheval en route. Pour plus de stabilité elle avait attaché les jambes du garçon à ses étriers et elle faisait en sorte qu’il soit solidement installé sur sa selle pour ne pas risquer de chuter sur les nombreux obstacles que présentait la traversée d’un terrain aussi accidenté que celui de la forêt de Kaëlor.
Alae sentait bien que cette léthargie n’était pas normale mais elle n’avait aucun moyen d’y mettre fin. Elle était sure qu’elle avait été causé par l’utilisation de la magie, le jeune homme ayant tout de même créé un cataclysme mortel autour de lui en se servant de son épée réceptrice.
Elle craignait aussi qu’il ne perde progressivement toutes ses forces en ne pouvant pas s’alimenter correctement malgré le fait qu’elle l’ait nourri à la manière d’un nouveau-né depuis le début de sa torpeur. Cependant Alae était une Altaï et pas une fois elle ne pleura, excepté peut-être très tard dans la nuit.
Ce soir là, après quatre jours entiers de chevauchée, Alae avait la tête qui tournait constamment à cause de la fatigue. Les bois endormis autour d’elle semblaient appartenir à un rêve où elle se serait perdue avec Marc. Ses paupières se fermaient d’elles mêmes et elle ne guidait plus véritablement sa jument qui n’avançait que de sa propre volonté, sachant bien que sa maîtresse ne pouvait plus s’opposer à grand-chose. L’Elfe tenait d’une main ses rênes et de l’autre la longe au bout de laquelle était attaché l’étalon de Marc qui suivait son cheval avec lassitude. Malgré le sortilège apaisant Alae avait mal à la taille. Cependant sa blessure commençait lentement à cicatriser. Une croûte de sang avait coagulé peu à peu sous son pansement de fortune. La jeune femme avait aussi humidifié la plaie autant de fois qu’elle l’avait pu afin d’éviter qu’elle ne s’infecte.
Les bois étaient denses et touffus et Alae avait conscience qu’elle commençait à s’enfoncer dans une partie reculée de la forêt. Plus elle s’éloignait de la route et plus les arbres étaient grands. La lumière ne filtrait déjà presque plus le jour et l’obscurité pendant la nuit était totale. Seule la petite boule enflammée d’un luminae trata lancé par la belle Elfe dans un moment de lucidité permettait d’éclairer ce qu’il y avait devant. La jeune femme était allongé contre le puissant cou de sa jument et ne bougeait pas, luttant pour ne pas céder aux ténèbres qui l’envahissaient.
Jusque là Alae s’était dirigée à l’aide d’un petit instrument de fer forgé contenant une aiguille métallique, un Ilthi. On le lui avait remit lors de son départ de la capitale Elfique et il lui avait toujours été d’une grande utilité, tant pour la traversée des montagnes frontalière que maintenant, dans les bois de Kaëlor. L'engin indiquait inexorablement la direction d’Elaetol et il était donc facile d’en déduire la direction de l’endroit où l’on désirait aller. Il représentait en fait la dernière chance des deux voyageurs de ne pas se perdre.
Mais alors que la jument d’Alae passait au dessus d’un épais tronc d’arbre couché sur le sol une dizaine de Zals passèrent en courant devant elle, effrayés par le bruit des sabots.
Les Zals étaient des animaux des bois aux dimensions d’un écureuil et de couleur bleue. Ils n’avaient pas de fourrure et leur queue était petite. Ils avaient de grands yeux noirs et étaient herbivores. Ils grimpaient parfaitement aux arbres grâce à des griffes rétractiles qu’ils possédaient au bout de leurs pattes. C’était l’une des bêtes les plus répandue dans la forêt de Kaëlor et il était courant de voir au milieu des feuillages des arbres quelques tâches bleutées.
Pourtant ils terrifièrent la jument d’Alae qui, de surprise se cabra violemment. La jeune femme fut projetée en arrière tandis que son cheval poussait un puissant hennissement, déchirant le silence et la quiétude de la nuit. Elle n’eut pas le temps de se relever que sa monture filait au galop dans l’obscurité, emportant avec elle tout ce qu’elle possédait d’affaires, de vivres et d’armes. Sous le choc elle n’eut pas le réflexe de se jeter sur la corde de l’étalon de Marc. Celui-ci partit à son tour à toute vitesse, suivant sa compagne. Mais le passage brutal de la bête du pas au galop fit aussi tomber Marc ainsi que ses affaires, avec grand fracas. Et ce malgré la corde qui retenait les pieds du garçon à ses étriers. Alae sentit le désespoir le plus terrible l’envahir et des larmes salées lui monter aux yeux. Elle était à bout de force. Elle n’en pouvait plus. Elle n’avait pas dormi depuis des dizaines d’heures et elle sentait arriver à son paroxysme la terrible migraine qui montait depuis un long moment déjà, lui déchirant progressivement l’esprit.
Elle rampa sur le sol couvert d’épines et d’écorces pour rejoindre Marc, réprimant tout sanglots. Quand elle fut auprès de lui elle n’eut plus la force de faire rien d’autre et elle se coucha contre lui, sa tête sur sa poitrine solide, son corps tremblant contre le sien si calme.
C’était trop d’épreuve pour la belle Elfe et elle ne pouvait plus résister encore à la fatigue et à l’accablement. Pour la première fois il lui semblait évident qu’elle ne mènerait jamais à bien sa mission et cela anéantissait son moral pourtant si robuste. « Je ne pourrais jamais y arriver ! Nous avons perdu les chevaux, toutes nos vivres, nous sommes seuls, épuisés et poursuivis au beau milieu de la plus grande forêt du monde… Tout est perdu ! »
Elle ferma alors doucement ses paupières, renonçant à tout. « Nous sommes voués à la mort, si les Roths ne nous tuent pas les loups s’en chargeront ! » Pensa t’elle encore, retardant de quelques instant sa chute dans les nimbes obscures du sommeil.
« Si quelqu’un peut encore porter ce message au Roi ce sera Marc, il est plus fort que moi, il est le doué » Songea t’elle avec la lucidité d’un condamné devant l’échafaud. Et, dans une action de renoncement terrible la belle Elfe passa au cou du garçon la chaîne dorée à laquelle était attaché le petit objet froid, l’Oxal, qui renfermait le message pour le Roi des Hommes. « Il comprendra… » Se dit-elle.
Elle poussa ensuite un long soupir désespéré et s’endormit profondément, la tête contre la poitrine de celui qu’elle aimait...
Autour des deux jeunes gens le silence et l’obscurité étaient revenus, la petite boule enflammée qui les éclairait ayant suivi les chevaux devenus fous.
Tout était sombre. Tout excepté peut-être deux petites fentes vertes qui luisaient dans la nuit...
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