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Jeudi 6 avril 2006

 

Voilà, ceci est un article destiné à recevoir tous vos commentaires sur la sortie qu'on a faite avec tout le monde à Veselay. En tous cas je souhaites remercier tous ceux qui avaient amené un appareil numérique, et qui m'ont passé les photos lol.

Et sinon, je n'aurais qu'un mot qui résume tout : Vive la seconde 10 et monsieur Girard !!!

Et je suis aussi très content que l'on ai pu profiter de ce petit voyage pour faire plus ample connaissance avec tous les gens de la classe

Pour les nouveaux et les bigleux les photos sont sur la droite, mais vous pouvez vous y rendre aussi en cliquant ici...

Votre dévoué webmaster !!!

Par Xoyfire - Publié dans : La vie du blog
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Lundi 3 avril 2006
Lorsque Marc ouvrit l’œil le lendemain il faisait grand jour et il était seul dans la pièce. Pendant un fugace instant il ne comprit pas où il était, puis tous les souvenirs de la veille lui revinrent à l’esprit. La réalité semblait toujours rattraper ses rêves… Mais il ne se souvenait plus comment tout c’était terminé.
 
Il se redressa sur son lit et sortit doucement ses mains de sous la couverture. Sur sa peau craquelée et brûlée était imprimé tout le relief du manche de son arme. Mais étonnamment cette blessure ne lui faisait pas mal.
Le jeune homme poussa un long soupir devant l’énorme trace noire qui balafrait ses mains. « Mes première cicatrice due à la magie. » Pensa t’il amèrement. « Et je risque de la garder toute ma vie ! »
 
Il chercha ensuite du regard son coffret et son épée, inquiet. Et il poussa un autre soupir mais de soulagement cette fois lorsqu’il les vit tous deux à ses pieds. Il se pencha et prit le coffret. Il l’ouvrit rapidement et en sortit Ledd. Celui-ci était réveillé.
 
_ Mon garçon, que s’est il passé ? Qu’est ce que c’est que ces cheveux blancs ?
_ Ces cheveux blancs ?
_ Oui, tu as une mèche qui est devenue entièrement incolore, là sur le côté droit. N’aurais-tu pas utilisé un peu trop de magie ?
Le jeune homme tira devant lui une poignée de cheveux. En effet il avait bien une mèche qui était devenue blanche…
_ Et bien Ledd…
 
Et Marc raconta à son vieil ami l’aventure de la veille, ainsi que ce qui était arrivé lorsqu’il avait sortit son épée. L’illustration acquiesçait à chaque fois, comme si tout ce qui c’était passé était prévisible. Il paraissait cependant effrayé des catastrophes qu’avait entraîné la sortie de son épée par Marc. Mais cela confirmait pour lui ses inquiétudes quand au maniement d’une arme de doué par un doué. Cette expérience aurait dû être tentée de toutes façons.
 
Mais alors que le jeune homme finissait son histoire Alae entra dans la pièce. Elle venait de se laver après l’aventure de la veille et elle était déjà prête à repartir. Quand elle vit Marc parlant à un énorme livre relié elle sursauta d’étonnement. Le garçon se tourna vers elle, embarrassé.
 
_ Mais… qu’est ce que c’est que ce… commença Alae.  
_ Et bien, Alae, je te présente Ledd. Ledd, voici Alae, mon amie Elfe, dit le jeune homme qui prit le livre à deux mains et le présenta à la jeune femme. Je crois que nous devions avoir une explication depuis longtemps car il n’est pas bon de se cacher des choses pareilles entre amis.
_ Bien le bonjour mademoiselle, répondit Ledd. Mais aurais je l’honneur d’être présenté à une…
_ Oui, oui, le coupa t’elle. Mais c’est la première fois de ma vie que je parle à un livre ! Or je ne connais qu’un cas possible… Seriez vous, seriez vous le livre du savoir ? Et ce coffre que je vois là le coffret de Zalatum le sorcier ? Dit-elle en bafouillant légèrement sous l’effet de la surprise.
_ Précisément, précisément… répondit la vieille illustration avec un petit sourire en coin. Et je m’appelle Ledd.
_ Je n’arrive pas à le croire ! S’exclama la jeune femme interloquée.
Mais alors, mais alors Marc… Tout s’explique… Non, ce n’est pas possible ! Mais sinon il n’aurait pas réussi à ouvrir le coffret ! Pensa t’elle tout haut alors qu’elle commençait à comprendre.
Marc, Marc tu es le doué ? Demanda t’elle d’un air hébété.
_ Et oui Alae...Répondit le garçon en souriant doucement. Je ne voulais pas que tu le saches initialement mais j’ai appris que j’étais le doué il y a quelques semaines, en découvrant ce coffret et Ledd. Mais de toute façon je contais t’en parler et je crois que le moment est parfais. De toute façon j’ai plus confiance en toi qu’en quiconque, et je ne pense pas que cela ait une grande importance que tu sois au courant.
 
_ Alors, permet moi de me prosterner à tes pieds comme il se doit, lui dit-elle d’une voix chargée d’émotion.
 
Le garçon était consterné par sa réaction.
 
_ Mais, mais... Relève toi Alae, s’empressa t’il de dire à son amie, je ne veux pas que tu te prosternes devant moi !!! Après tout nous sommes amis ? Et je suis sûr que tu es aussi une personne très importante parmi les Elfes. Pourtant tu ne m’as jamais demandé quoique ce soit du genre. Considère moi toujours comme ton ami je t’en prie, et pas comme le doué, la supplia t’il.
_ Personne n’est plus important que le doué… dit elle en se relevant lentement.
 
La jeune femme était stupéfaite de ce qu’elle venait d’apprendre, et effondrée intérieurement par ce que cela impliquait. « C’est le doué, le doué ! Je suis devant un doué ! » Se répétait elle.
 
_ Et oui, Marc est le doué, intervint Ledd d’une voix grave, mais peut être est-il aussi temps pour vous, jeune Altaï de révéler à Marc qui vous êtes véritablement.
 
Les deux jeunes gens se regardèrent un long moment dans les yeux. La jeune femme acquiesça du regard et enfin se décida à parler.
 
Elle commença ainsi, devant le jeune homme inquiet :
 
_ Marc, il faut que tu saches que je ne suis pas une Elfe comme les autres.
Je suis une Altaï, ce qui se traduirait dans ta langue comme une garde du corps, où quelque chose comme ça. En fait je suis une des guerrières personnelles de la reine des Elfes, Eléae.
Les Altaï sont des filles choisies parmi les Elfes dès leur plus jeune âge à cause de prédispositions naturelles. En effet nous possédons de grandes capacités magiques au niveau du pouvoir personnel. Ce qui est absolument nécessaire pour notre fonction si particulière.
Nous sommes ensuite entraînées pendant de nombreuses années à l’art de la guerre, formées à tous types d’armes et aux dures lois de la guerre. Et nous apprenons aussi à travailler ce pouvoir. Mais ceci dans une direction particulière : nous en faisons l’arme de mort la plus terrible qu’il soit.
 
En fait à partir d’un certain moment notre pouvoir personnel devient si développé qu’il nous permet de réduire en cendres une personne ou n’importe quel autre être vivant simplement en le touchant. Cependant l’utiliser est épuisant intérieurement et seules les plus grandes Altaï peuvent tuer de nombreuses personnes à la suite.
 
Heureusement nous pouvons quand même maîtriser suffisamment cette arme pour ne l’utiliser que lorsque nous le voulons. C’est pourquoi je peux te toucher sans rien te faire. Je maîtrise un minimum la magie qui est en moi.
Nous avons un statut très particulier dans la société. Tout le monde doit nous obéir sans jamais discuter et nous donner tout ce que nous désirons. Mais cela rend aussi les Altaï détestées injustement par toute la population. Nous sommes méprisées, haïes, redoutées… Et je peux te dire que le fait que tu ne saches pas qui j’étais vraiment m’a permis de créer avec toi quelque chose que je n’aurais jamais pu faire avec quiconque d’autre. C’est la première fois que j’ai un véritable ami qui ne soit pas l’une de mes sœurs d’armes.
Mais mes relations avec un garçon ne pourront jamais dépasser de l’amitié, car dans l’amour aucune Altaï ne peut contrôler son pouvoir. En disant cela la jeune femme sentit son cœur prêt à exploser. Et cela entraîne inévitablement la mort du conjoint ou partenaire. C’est l’un des nombreux inconvénients que possède notre pouvoir… Je suis même incapable d’embrasser quelqu’un ! Ajouta t’elle, une vague de tristesse embuant ses yeux pénétrants rivés dans ceux de Marc.
 
Mais le garçon lui sourit doucement, d’un air autant compréhensif qu’admiratif. Il comprenait maintenant comment avait dû être la vie de la Belle Elfe et était profondément impressionné. Jamais il n’avait trouvé autant de courage chez une personne, sur tous les plans.
 
Et Alae sentit qu’il ne la rejetait pas, bien au contraire, il paraissait l’admirer d’autant plus. A l’évocation de son incapacité d’embrasser ou de faire l’amour il n’avait pas eu l’air déçu, dégoûté ou quoi que ce soit d’autre. Il savait bien pourtant ce que cela signifiait, pas d’enfants, et tant d’autres choses... Alae croyait rêver. Marc semblait l’accepter comme elle était, sans discuter.
Mais en même temps il était le doué, et cela signifiait qu’il allait devoir se battre toute sa vie dorénavant. Elle ne voulait pas qu’il devienne comme elle, une machine à tuer sans sentiments et manipulée, elle tenait trop à lui !
 
Elle frissonna. Terrible tristesse et profonde joie se mélangeaient en même temps dans son coeur. Elle ne savait plus si elle devait rire ou pleurer. Tout étais si confus…
 
Mais elle continua d’expliquer au garçon,
 
_ Enfin, la reine m’a chargée de transmettre un message urgent au roi des humains. Il est très important et c’est pourquoi elle m’a désignée moi plutôt qu’un banal messager. J’avais une escorte d’une vingtaine de robustes soldats, avant que des Roths armés ne la massacrent dans une embuscade au milieu des montagnes. Il est contenu, comme tous les messages Royaux dans un petit réceptacle de métal, l’Oxal. Voilà à quoi cela ressemble, dit-elle en sortant de sa poitrine ce dernier, suspendu à la petite chaîne dorée qu’elle portait toujours attachée à son cou.
 
Le jeune homme l’examina un instant, étonné par la splendeur de l’objet, malgré sa simplicité. Quand il eut fini Alae le remit entre ses seins, avec une précaution visible. 
 
Puis elle reprit son explication,
 
_ Les pisteurs voulaient ma mort et ils étaient probablement envoyés par le même Noir que celui qui dirigeait les humains corrompus. Ils ne veulent pas que j’arrive à transmettre cette missive.
 
_ Mais, tu t’en serais sortie quand même sans mon aide ? Demanda le jeune homme. Puisque tu peux réduire en cendres ce que tu veux…
 
_ Non. Comme tu l’as remarqué les pisteurs étaient trois. Or ce n’était pas un hasard. Aucune Altaï n’est capable de tuer trois créatures de ce gabarit en même temps. Déjà pour moi en abattre deux était très difficile. C’est pour cela que j’étais si fatiguée après le combat. Seule notre chef, la Première (c’est un titre honorifique) l’aurait pu car ses pouvoirs sont particulièrement développés et puissants. Mais les pisteurs attaquent en même temps et en général ils arrivent à leurs fins…
Si tu n’avais pas été là donc, je n’aurais rien pu faire.
 
En disant ces mots les yeux d’Alae devinrent brillants de reconnaissance.
 
_ Je savais bien que tu étais quelqu’un d’important, dit le jeune homme avec un doux sourire, ses joues prenant une teinte rosée.
 
C’était le plus beau moment de sa vie. Il comprenait enfin le comportement de la jeune femme. Il se rendait compte aussi de la dureté de sa vie sur le plan relationnel et de la somme de courage qu’elle avait dû avoir.
 
« Elle est comme moi en fait ! C’est la première fois de sa vie qu’elle a un véritable ami du sexe opposé ! Jamais je n’aurais osé penser que cela pouvait être possible à notre âge. Même si cela ne change rien en réalité j’ai vraiment l’impression que tout est possible entre nous… Par contre son pouvoir est véritablement terrible… Ces conséquences sont proprement horribles ! Cela doit détruire la vie d’une personne un tel pouvoir. Mais vraiment cette conversation était nécessaire. »
 
_ Oh beaucoup moins que toi, lui expliqua Alae, le tirant de ses pensées, tous doivent te porter la plus grande obéissance puisque tu as le don, et aussi le plus grand respect car de ton sort découle celui de tout les autres.
Les Elfes et les Humains serons donc tous à ton service s’ils voient que tu es le doué. Mais ce statut te donne aussi de très grosses responsabilités, que beaucoup sont très contents de ne pas avoir à porter, ajouta elle lentement.
_ Oui mon garçon, reprit Ledd. Je ne t’ai pas encore parlé de toutes les responsabilités qu’implique le fait d’avoir le don.
_ Vas y donc, mieux vaut tard que jamais, répondit le garçon légèrement agacé d’être toujours le dernier à apprendre les choses qui le concernaient.  
_ Et bien, en fait, comme tu le sais, tu dois être formé à la magie, et apprendre toutes les connaissances que possèdent les magiciens afin de devenir le plus puissant d’entre eux. Ca c’est mon travail dans l’histoire…
 
Mais ensuite, lorsque tu seras formé, tu devras combattre les forces du mal de tous tes moyens. Et nous comptons particulièrement sur toi Marc, car comme tu l’as entendu nous sommes à la veille d’une seconde grande guerre entre Sorciers et Magiciens, entre le côté vivant et celui morbide de la magie. Lorsque tu seras prêt, et tu ne l’es pas du tout pour le moment, tu devras aller à Talak, te présenter devant le roi et sa cour.
_ Mais nous sommes déjà sur la route de Talak ?
_ Oui et c’est pour cela que ton départ m’a parut un peu précipité, car j’ai a peine commencé ton apprentissage mon garçon. Je n’ai même pas eu le temps de t’expliquer clairement tout ce qui t’attends. Mais ne t’inquiète pas je le ferais avant que nous soyons arrivés à Monger. La route jusqu’à Talak est encore très longue et d’ici là je t’aurais appris d’autres sorts. De toute façon les plus longs à apprendre sont les premiers sorts car on n’a pas l’habitude. Mais ensuite ça va beaucoup plus vite.
 
_ Nous pourrons donc continuer notre route ensemble ! Dit avec une note joyeuse Alae. Je ne voulais pas perdre mon guide moi !
 
Et Marc fit un grand sourire à la belle Altaï dont il était finalement en train de tomber complètement amoureux.
 
_ Mais pour en finir avec la difficulté d’être doué, continua Ledd, elle réside aussi dans le fait que le doué doit aussi réussir à réconcilier Elfes et Humains. Car il est clair que malgré leurs différences culturelles si nous ne sommes pas unis nous perdrons. Et les serviteurs des Noirs ne cherchent qu’à détruire cette alliance entre nos deux peuples qui remonte pourtant à des siècles.
 
Et il faut quand même te dire mon garçon que le métier de doué n’est pas de tout repos car jusqu’à ce jour aucun doué n’est mort de mort naturelle, mais plutôt dans une action héroïque et désespérée.
 
_ Et bien j’espère que je serais le premier à échapper à cette sinistre règle ! Répondit ironiquement le jeune homme.
_ Il faut aussi une bonne dose de courage pour être doué car c’est se vouer à une vie entière de combats, cependant on ne choisi pas son don... Nul mortel ne peut s’opposer à son Destin, fut-il funeste. Mais tous espèrent en celui qui l’a et des peuples entiers se prennent alors à espérer que les Noirs puissent un jour être vaincus devant la personne imposante d’un doué.
Il faut aussi tenir compte de la prophétie d’Yzarro, car elle n’a pas été faite à la légère, mais je t’en ai déjà parlé.
Le signe du dernier doué, celui qui rétablira à jamais la paix dans le monde, et la domination de la lumière sur les ténèbres sera quelque chose qui permet de voler…
 
_ Je ne suis donc pas le dernier, dit Marc ironiquement, car je ne sais pas voler…
_ J’ai bien peur que non, dit tristement Ledd en prenant la remarque au premier degré, ce qui signifie que la guerre va encore durer…
_ Ce qui m’inquiète, intervint Alae, c’est qu’après ta prestation d’hier Marc les gens savent que tu n’es pas n’importe qui. Et cela risque de faciliter le travail à nos ennemis pour nous retrouver. Je pense qu’il ne faut plus tarder à repartir maintenant. En plus les villageois sont contrariés par les dégâts de l’incendie et ils ne nous portent pas dans leur cœur !
 
Mais à peine avait elle prononcé ces mots que justement Georges surgissait en trombe dans la pièce. Marc cacha discrètement Ledd sous sa couverture.
 
_ Il faut que vous partiez, et tout de suite ! S’écria t’il à bout de souffle. De nombreux paysans viennent vous cherchez pour vous faire payer les dégâts de la veille et croyez moi ils n’ont pas que de bonnes intentions ! Ils seront là d’une minute à l’autre. J’ai fait seller vos chevaux par mon fils en bas dans la cour.
Je vais vous faire partir par derrière et je dirais que vous vous en êtes allés tôt ce matin vers l’intérieur de la forêt. Mais je vous en prie dépêchez-vous !
 
_ Très bien. Merci de tout cœur Georges, le remercia Marc en le regardant dans les yeux, tu es vraiment un ami. Laisse nous seulement quelques secondes et nous arrivons.
_ D’accord, mais dépêchez, dit-il inquiet.
 
Les jeunes gens s’empressèrent de rassembler toutes leurs affaires. Marc remit rapidement Ledd dans le coffret de bois sculpté et passa son épée à sa ceinture, même si il avait dorénavant peur de la toucher.
Alae récupéra les derniers vêtements qui restaient et Georges vint les aider à porter les sacs de jute qui contenaient leurs provisions.
Ils descendirent quatre à quatre les escaliers et, passant par une porte détournée masquée derrière une grande tapisserie rouge, ils se rendirent dans la petite cour derrière l’auberge.
 
Le fils du tavernier les attendait là, les rênes des chevaux dans chaque main. Ils fixèrent rapidement les sacs à l’aide de sangles de cuir à l’arrière des bêtes ainsi que deux grosses gourdes en peau de bête et ils montèrent en selle.
 
Les jeunes gens remercièrent ensuite chaleureusement Georges et son jeune fils pour tout ce qu’ils avaient fait pour eux.
Puis Marc paya ce qu’il devait pour la nuit avec les dernières pièces qu’il lui restait. L’aubergiste refusa de recevoir plus d’Alae en disant que l’amie de son ami était son amie. Et enfin, lorsqu’ils entendirent les cris des villageois furieux se rapprocher dangereusement, Marc et Alae partirent au galop sur la longue route marchande en direction de Talak.
Laissez moi votre avis sur ce chapitre 3 dans son ensemble (lien en petit juste en bas à gauche) Il m'intérresse...
Continuez l'aventure en Haëlor, Chapitre 4: Sur la route
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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Mardi 28 mars 2006
 
Alors il ne comprit plus ce qui se passait. Il sentit un long frisson parcourir tout son corps et finir par passer dans sa main puis jusqu’à son épée. Zalat devint subitement d’un jaune éclatant et un éclair argenté et puissant jaillit de l’extrémité de l’arme, suivi par de nombreux autres qui disparurent dans le ciel étoilé. Puis le sol se fissura et se craquela aux pieds du garçon. Doucement au début puis de plus en plus violemment jusqu’à ce que d’imposantes fissures noires soient apparues, partant de lui vers les maisons avoisinantes en formant une étoile compliquée.
Le jeune homme se sentit emporté dans l’air par son épée, poussé irrésistiblement vers le haut. Et il se mit à s’élever doucement dans les airs, tracté par son arme. Une sorte de tornade l’entouraient maintenant et grossissait progressivement, balayant tout autour de lui avec un bruit de tonnerre. Il essaya de la lâcher mais le manche faisait maintenant comme partie intégrante de lui-même, tel un prolongement de son bras, et il ne pouvait s’en détacher.
 
Intérieurement Marc avait senti comme une partie de lui-même se réveiller au contact de l’épée et une puissance sourde grondait et vibrait en lui. Il n’arrivait pas à la contrôler et elle le serrait à la gorge, l’empêchant presque de respirer. Seule l’extrémité de l’épée lui semblait libérer un peu de cette force qui l’habitait et qui le brûlait presque. Sous l’emprise de la magie et de son intense pouvoir déchaîné ses yeux devinrent entièrement blanc, donnant au jeune homme une expression terrible.
 
Le garçon était maintenant presque au niveau du premier étage des maisons du village et un trou béant cerné de nombreuses fissures se trouvait sur le sol en dessous de lui, juste à l’endroit où il avait sorti son arme quelques instants plus tôt. Il tourbillonnait dans l’air en tournant sur lui-même, toujours tiré vers le haut par son épée. Le vent magique faisait s’envoler tout ce qui était resté dans la rue et par sa puissance le masquait aux yeux de tous.
Soudain un éclair plus puissant encore que les autres jaillit de l’épée et, formant une arabesque torturée, alla s’écraser sur le toit de chaume d’une petite maison située en face du garçon, qui prit feu instantanément. Mais le garçon qui ne maîtrisait rien de ce qui lui arrivait ne s’en rendit pas compte.
 
Les villageois, alertés par le bruit terrible de la tornade qui soufflait autour de Marc et la vue des flammes, accoururent en masse.
 
Voyant le feu de loin ils crièrent avec panique « à l’incendie !». Cependant quand ils comprirent ce qui l’avait provoqué ils furent affolés et se sauvèrent en courant dans toutes les directions pour éviter d’être massacrés par ce qu’ils croyaient être une créature infernale et qui tourbillonnait au milieu de la rue en envoyant des éclairs bleutés qui s’écrasaient sur le sol avec des gerbes d’étincelles.
 
Pourtant certains d’entre eux se précipitèrent courageusement pour tenter de sauver les personnes à l’intérieur de la masure en feu.
 
Alae, qui somnolait tranquillement sur son lit, fut réveillée en sursaut par les cris des paysans. Elle se leva d’un coup et descendit rapidement l’escalier pour comprendre ce qui se passait. Tous les gens sortaient précipitamment de l’auberge, renversant tout sur leur passage. Lorsqu’elle passa la porte elle se rendit compte qu’il régnait une grande panique dehors. Personne ne semblait comprendre ce qui se passait mais les gens couraient de tous côtés en criant « au feu ! Un monstre terrible est dans la rue et envoie des éclairs !»
 
Le vent qui partait de celui-ci attisait les flammes qui prenaient une taille de plus en plus grande et menaçaient de se propager aux maisons voisines.
 
La jeune Elfe se mit à courir vers le lieu de l’incendie, parmi d’autres paysans portant des seaux d’eau. Bientôt ils ne purent presque plus avancer tellement le vent qui jaillissait du garçon était fort.
C’est alors qu’Alae vit Marc au milieu de la tempête. Il tournait sur lui-même à toute vitesse et ses yeux étaient passés du bleu à un blanc laiteux. Son bras droit brandissait l’épée que lui avait donné All le matin même et des éclairs s’en échappaient, partant vers le ciel. La jeune Elfe remarqua immédiatement la nouvelle pierre qui l’incrustait et qui était si jaune que l’on l’aurait crue en fusion.
 
« Mais d’où vient elle ? » Se demanda la jeune femme effrayée. « Comment arrive t’il à faire ça ? » S’interrogea t’elle avec angoisse, « Et le vent semble venir de lui ! »
Rapidement elle fit le lien avec l’arme, « C’est l’épée réceptrice ! » Se dit elle avec effroi.
« Mais Marc n’a pas l’air de comprendre ce qu’il se passe ! » Remarqua t’elle aussi en regardant plus attentivement le jeune homme dont les traits étaient tendus à l’extrême.
 
Quand elle baissa les yeux elle s’aperçut aussi du trou béant et profond qu’il y avait dans le sol à ses pieds et elle poussa un cri de stupeur. « Par Elathi ! Je n’ai jamais vu ça ! » S’exclama t’elle.
 
La jeune Elfe se mit à réfléchir à toute vitesse. « Comment faire pour l’arrêter ? »
Elle était effarée par ce qui arrivait au jeune homme. Marc, son ami, ne lui avait visiblement pas tout dit sur lui. Si l’épée réagissait ainsi c’est qu’il devait être sacrément magicien… Mais comment lui en vouloir alors même qu’elle ne lui avait presque rien expliqué de ce qu’elle était vraiment… « Nous aurions dû parler bien plus tôt pour se dire qui nous étions. C’était une erreur et maintenant Marc est en danger. Se dit-elle. Mais rapidement elle se reprit, « Tu es peut-être en train de perdre le seul ami que tu ais jamais eu Alae alors dépêche toi de faire quelque chose au lieu de regretter de ne pas lui avoir dit qui tu étais vraiment comme si il allait mourir ! Où est donc passée ta remarquable rapidité de réaction ? » Se sermonna t’elle.
 
Et rapidement ses mains se mirent à virevolter avec dextérité pour former un sort complexe. Autour d’elle les derniers villageois qui étaient restés pour voir ce qui se passait s’enfuirent à toutes jambes.
 
Un trait bleu jaillit de ses paumes et fila droit sur le garçon. Mais aussitôt un éclair fusa de son arme, décrivit une courbe, et l’intercepta. Une explosion se produisit au moment où ils se rencontraient, illuminant le ciel. Et ils disparurent tous les deux.
Alae réfléchit encore un instant puis elle lança un nouveau sort. Cette fois-ci ce fut un trait jaune et épais qui partit de ses mains en direction du jeune homme. Un autre éclair partit alors de l’épais, d’une taille identique, pour l’intercepter comme le premier. Mais le trait jaune zigzagua rapidement et l’évita. Il alla s’écraser près de la jeune femme dans une énorme gerbe d’étincelles.
 
Mais alors que le trait jaune allait atteindre le garçon des dizaines de nouveaux éclairs jaillirent de nouveau de la lame étincelante. Cette fois-ci il n’était pas possible de les éviter et le trait jaune fut annihilé au contact d’un des serpentins argentés.
 
L’explosion fut brutale et elle plaqua Alae au sol. Heureusement son armure légère avait absorbée une bonne partie de la puissance du coup. Elle n’avait que quelques petites égratignures sanguinolentes sur les jambes et un trou dans sa robe d’Altaï. Elle se releva rapidement et se remit en position pour lancer un autre sortilège.
 
Le garçon était intouchable, protégé par sa magie, et continuait irrésistiblement de s’élever dans les airs. Ces yeux étaient maintenant clos.
 
La jeune femme décida de donner tout ce qu’elle pouvait pour ramener sur le sol sain et sauf son ami. C’était le moment où jamais de tenter de le sauver. Elle refit l’enchaînement précédent et lança à nouveau un trait jaune dans le ciel, vers le garçon. Mais cette fois ci elle ne s’arrêta pas là et elle continua. Elle en fit autant qu’elle le pouvait.
 
Bientôt ses mains la brûlèrent, mais elle continua quand même, jusqu’à tomber à genoux sur le sol, épuisée. La vingtaine de traits jaunes slalomait rapidement pour éviter les éclairs brillants qui jaillissaient par centaines maintenant de la lame magique.
 
Enfin l’un d’eux parvint à toucher le jeune homme. Aussitôt une bulle jaune se forma l’entourant entièrement. Les éclairs argentés cessèrent de fuser de l’arme et le terrible vent s’arrêta d’un seul coup.
Un impressionnant grésillement se fit entendre et la bulle magique sembla vibrer sur toute sa structure. Mais elle résista et redescendit lentement vers le sol. L’Elfe la dirigea de ses mains brûlées dont s’échappait une fumée magique de couleur bleutée et la fit se poser auprès d’elle.
 
À côté les paysans et les villageois jetaient de l’eau sur le brasier qui finissait de calciner le toit de la petite maison. Mais privé du vent qui l’alimentait il faiblissait et allait bientôt être maîtrisé. Heureusement le feu ne s’était pas propagé aux maisons voisines.
 
Alae couru vers Marc qui tremblait de tout son corps et était secoué de violents soubresauts, à l’intérieur de la bulle jaune. Il paraissait souffrir et son visage était encore tendu, dans une expression de souffrance. L’épée était toujours dans sa main droite et il ne paraissait pas pouvoir s’en séparer. Une mèche de ses cheveux était devenue entièrement blanche, comme sous l’emprise de sa magie. Cela donnait au jeune homme un air particulier et inhabituel mais ne le défigurait pas pour autant.
 
La belle Elfe sentit une vague de tristesse et d’inquiétude monter du fond d’elle-même qu’elle ne pu pas réprimer. Une grande peine lui broyait le cœur mais c’était différent de tout ce qu’elle avait pu ressentir jusque là, c’était plus terrible encore, plus profond, plus douloureux aussi. Elle ne voulait pas qu’il meure. Elle ne savait pas pourquoi elle tenait tant à ce jeune homme, elle ne pouvait s’expliquer dans son esprit rationnel qu’il ait pris en si peu de temps une telle place. Mais elle ne pouvait et ne voulait plus se passer de lui. Quand elle y repensait maintenant il n’avait toujours été que gentillesse et compréhension envers elle. Il ne la considérait pas comme une bête, il ne la voyait pas comme une meurtrière, il ne la trouvait pas hautaine ou arrogante, et il n’avait pas peur d’elle. Et pour toutes ces raisons elle ne voulait pas qu’il la quitte. C’était quelque chose d’entièrement nouveau pour la belle Elfe mais pour la première fois de sa vie elle laissa ses sentiments la submerger et prendre le dessus sur son éternel calme affiché. Pour la première fois de sa vie elle laissa parler son cœur, pour la première fois de sa vie des larmes coulèrent sur ses joues et elle sanglota à l’idée de perdre le jeune homme.
 
Alae était déchirée et ne savait plus quoi penser. Un part d’elle-même la forçait à se reprendre au plus vite. « Mais où est passé toute ton éducation ? Tu laisses ton côté faible et sentimental prendre le dessus sur le reste. Tu es en train de renier tout ce que l’on t’a toujours enseigné. C’est stupide et enfantin, tu le sais bien, une Altaï doit être entièrement maître d’elle-même, en toutes situations. Que fais tu malheureuse ? Tu es indigne de ton rang. Si ta reine ou l’un de tes maîtres te voyaient, que penserait t’il de toi ? Tu es indigne d’avoir la charge d’une mission comme celle qui t’a été confiée. »
 
Tandis qu’une autre part lui disait qu’il était normal de pleurer.
 
Jamais elle n’avait eu des idées pareilles avant aujourd’hui mais elle se surprenait maintenant à concevoir un autre avis que ce qu’on lui avait toujours enseigné. « Et pourquoi devrais-tu toujours réprimer ce que tu penses ? » Se demandait-elle. « Où est la vie dans tout ça ? Où est la vie si jamais tu ne t’écoutes ? Comment pourras-tu être heureuse ? Que recherches-tu dans ton existence ? Pourquoi ne jamais te préoccuper de toi ? C’est pourtant le plus important non ? Quel est le sens de ta vie ? Ne veux-tu pas le bonheur ? Ne veux-tu pas être toi de temps en temps ? Comment pourras-tu être heureuse en n’étant pas toi-même mais en affectant à longueur de journée cette froideur que doivent avoir toutes les Altaï ? N’en as-tu pas assez de devoir toujours obéir, sans jamais remettre en question, sans jamais pouvoir éprouver un quelconque sentiment ? Pourquoi les émotions seraient-elles faibles ? N’est-ce pas agréable et doux de se laisser submerger de temps à autre, de ne plus être entièrement maître de soi ? Est-ce punissable et répréhensible d’éprouver du plaisir à quelque chose ? C’est si bon de pleurer, regarde et vois par toi-même ! »
 
Et la jeune femme se sentit soudain complètement perdue, agenouillée là auprès de Marc. Il y avait trop de choses à la fois et elle décida qu’elle repenserait à tout ça plus tard car pour le moment elle devait parer au plus urgent, et c’était Marc. Alae, malgré sa confusion et son grand trouble intérieur n’avait pas perdu son esprit pragmatique.
 
 
La bulle d’antimagie jaune qui entourait le garçon était brûlante et crépitait.
 
Alae regarda attentivement le jeune homme. Il semblait se calmer progressivement. Il finit par se recroqueviller sur lui-même, les yeux toujours clos. La bulle protectrice cessa alors de grésiller.
 
Soudain, avec un bruit sec comme celui de la roche qui se brise, le manche de l’épée se décolla de la main du jaune homme. La pierre qui était incrustée en son centre devint entièrement noire et le silence se fit. On n’entendait plus que les cris des villageois dans la nuit noire. L’ambiance était pareille à celle, chargée d’électricité, des fins de combats, lorsqu’il ne reste plus que les blessés sur le champ de bataille.
 
Doucement enfin la bulle jaune se mit à trembler. Puis elle disparut.
 
Alae s’allongea alors contre le jeune homme et le redressa à moitié, le prenant dans ses bras.
_ Marc, Marc, m’entends-tu ? Dit quelque chose ! Implora t’elle.
 
Lentement le garçon finit par rouvrir les yeux. Il paraissait complètement anéanti.
 
_ Alae ? Demanda t’il faiblement.
_ Je suis là, tout est fini, dit-elle d’une voix apaisante mais qui se brisa sur la fin de sa phrase.
_ Je…
 
Mais le garçon ne réussit pas à finir et s’effondra. Alae appela alors à l’aide. Trois grand gaillards accoururent, en s’approchement peureusement. Ils n’osaient pas vraiment aller jusqu’à la jeune femme, effrayé par le terrain ravagé et calciné qui l’entourait.
 
_ Venez m’aider à ramener à l’auberge ce jeune homme, s’écria la jeune Elfe.
 
Heureusement sa robe était déchirée et salie et ils ne virent pas que c’était une Altaï. Ils ne furent donc pas terrifiés et ils portèrent le garçon jusqu’à l’auberge, après qu’Alae eut remit l’épée dans son fourreau de cuir noir. Le manche était brûlant mais l’épée ne réagit pas vraiment au contact de l’Altaï.
Alae alla aussi récupérer le coffret de bois qui gisait sur le sol non loin de l’énorme trou. Puis elle suivit les trois paysans qui portaient Marc.
 
Ils allongèrent le garçon dont le visage était noirci et égratigné sur son lit, lui mirent une couverture pour qu’il n’ai pas froid et repartirent après que la jeune femme leur ait donné à tous trois une pièce.
 
Alae avait ses main qui la faisait souffrir mais elle resta au côté du jeune homme, bientôt rejointe par Georges le tavernier à qui on avait dit que le garçon était la cause de tout ce qui venait de se passer. Il l’examina d’un air inquiet. Cependant le front du garçon était frais, il n’avait pas de fièvre. Georges alla ensuite chercher de l’eau afin de mettre au garçon une compresse sur le visage. Alae pendant ce temps-là se changea et se lava rapidement les mains.
 
Le jeune homme paraissait maintenant dormir. Son souffle était rauque mais régulier. L’aubergiste remonta l’escalier et s’occupa de Marc, appliquant sa compresse sur son front et lui lavant le visage. La jeune Elfe était affamée et elle descendit manger quelque chose dans la salle commune. Puis elle alla le remplacer.
 
Le tavernier alla alors s’occuper de son auberge qui était dans le plus grand chaos.
 
Mais la jeune femme était au bord de l’épuisement et après avoir veillé un temps le garçon elle s’allongea sur le lit voisin et elle sombra immédiatement dans le sommeil. Sa fatigue lui avait fait mettre un terme à ses interrogations mais elle savait qu’elle devrait y songer à nouveau.

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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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