Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 21:40
Il décida d’aller voir une dernière fois ses amis les arbres. Et il alla, marchant à grands pas, vers les grands arbres de la forêt, sa forêt.
 
Sur le chemin il trouva son sac de tomates, éventré.
« Mais que fait t’il là ? » Se demanda t’il. « Je croyais pourtant l’avoir oublié sur le chemin de Monger quand je voulais prévenir Alae ? ».
 
Mais quand il vit des traces de jus de tomate jusque dans la forêt il comprit : « Ah ! Je sais pourquoi les pisteurs nous ont retrouvés si vite ! Ils ont du se servir de ce sac pour me suivre à la trace et repérer mon odeur ! Ça a dû leur servir d’indice, et grâce à leur flair ce n’était plus qu’un jeu d’enfant ensuite de nous retrouver !» Leur soudaine rapidité s’expliquait maintenant dans l’esprit du garçon, mais pas la disparition des corps des deux pisteurs, le chef et le troisième. Il y repensa, un peu plus sérieusement et finit par penser qu’Alae était peut-être derrière tout ça. « Hum… Je suis sur qu’Alae ne me dit pas toute la vérité. Mais bon, c’est normal, après tout moi aussi je lui cache certaines choses. On ne se connaît tout de même que depuis peu. J’aurais tout le temps d’en apprendre plus sur elle plus tard.» Songea t’il. « En tout cas, j’attendrait qu’elle veuille m’en dire plus de son plein gré, j’essayerais d’éviter les question indiscrètes, mieux vaut d’abord consolider notre amitié. » Pensa t’il. Il comptait bien en effet prendre une place croissante dans la vie de la jeune Elfe…
 
Lorsqu’il arriva au niveau de sa pierre favorite il sauta agilement sur la partie plate et s’y installa confortablement, presque à l’horizontale. Il avait encore un peu mal à la tête pour le coup d’hier mais la douleur s’était considérablement estompée depuis la nuit. Enfin il poussa un long soupir et il ferma les yeux.
 
Au bout d’un instant les troncs familiers des vieux arbres apparurent. Mais le jeune homme ressentit une forte inquiétude. Il émanait comme une anxiété des arbres, pourtant inchangés, qui se tenaient devant lui.
 
Enfin, après un long moment de silence Marc prit la parole, aussi joyeusement que pouvait le permettre la situation :
 
_ Bonjour à vous tous, amis !
_ Salut à toi. Répondirent les arbres. Nous étions tous inquiets de ne jamais te revoir lorsque nos frères nous on dit que vous étiez, toi et une Elfe, poursuivis par des pisteurs de Lasash le maudit, héraut de Salathor ! S’exclamèrent t’ils.
_ Il est vrai que nous avons failli y laisser notre peau lorsqu’ils nous ont rattrapés dans la cabane. Mais heureusement, nous les avons tués.
_ Tu nous en vois soulagés. Dirent t’ils alors en se détendant un peu. Nos frères ne sont pas arriver à les détruire, juste à les retarder. Ce sont vraiment d’horribles créatures.
 
Il y eut à nouveau un petit silence puis Marc dit à ses amis bienveillants :
 
_ Il faut que je vous annonce que je vais partir loin d’ici. Je dois accompagner mon amie Elfe à Talak. Et je ne sais pas quand je reviendrais…
 
Un long murmure d’étonnement traversa les arbres et secoua leurs ramures touffues.
Puis, après un petit moment qui paraissait être une concertation, ils s’adressèrent de nouveau au garçon silencieux.
 
_ Fait ce qui doit être fait, ami. Répondirent alors les vieux arbres, impassibles. Nous te porterons toujours dans notre cœur en tout cas et nous te souhaitons bonne chance. Et en toutes circonstances, rappelle toi toujours que la patience est une des clefs de la réussite, lui dirent ils comme dernière recommandation, sans laisser trop percevoir leurs émotions.
_ Merci, dit Marc, ému. Veillez sur ma cabane, nobles amis et merci pour tout.
_ Adieu Marc. Dirent tous les arbres qui parurent à leur tour bouleversés eux aussi, le garçon sentait.
_ Adieu et merci encore ! Dit le jeune homme pour la dernière fois avant de rouvrir les yeux. En tout cas je ne vous oublierais jamais !
 
Et le garçon finit donc par rouvrir ses paupières, à regret. Il était mélancolique en pensant à tous ces amis anciens qu’il quittait pour longtemps. Car Talak était très loin de Monger et sa grande forêt. Tous ces arbres cela faisait maintenant de nombreuses années qu’il les connaissait. Il se remémora tout le chemin parcouru pour qu’ils l’acceptent et le considèrent comme ami. Il se souvint aussi de leurs longues conversations, plus où moins philosophiques, sur le monde qui les entouraient où encore à propos de la place des hommes dans la nature…
 
Il était donc triste en prenant le chemin du verger. Là aussi il dit adieu à ses arbres fruitiers, avec un pincement de cœur. Ensuite il resta encore un peu sur le talus, en compagnie de ses amis, à regarder le ciel d’un violet parfait ainsi que les nuages moutonneux qui dérivaient au gré du vent. « Je ne pensais pas m’être tant attaché à ce lieu finalement. » Songea t’il.
 
 
Durant ce temps Alae s’était réveillée seule dans la cabane. « Marc doit probablement être sorti » En avait-elle déduit. « Je vais aller le rejoindre. »
 
Et soudain le jeune homme sentit une présence à son côté. Alae s’était assise auprès de lui, sur sa pierre, et le regardait, une joyeuse lueur brillant au fond de ses yeux noirs.
Elle semblait avoir entièrement perdu sa dureté du matin et Marc oublia sa morosité.
 
 
***
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Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 21:35
Ils décidèrent communément de consacrer cette journée aux préparatifs de départ et à se reposer pour être prêt à partir le lendemain. C’était, pensaient–ils tous deux, la meilleure solution.
 
Marc passa donc le reste de la matinée à ranger et à réparer sa cabane, principalement sa porte d’entrée qui devait pouvoir fermer pendant son voyage. Il ouvrit grand les fenêtres et les portes, redressa meubles et tabourets, et enleva avec l’aide de la jeune femme l’imposant cadavre du pisteur qui commençait à empester. Elle non plus ne savait pas où étaient passés les corps des deux autres bêtes. Ce qui étonna d’autant plus le jeune homme... Cependant la belle Elfe parut sceptique à l’idée que, blessés, ils aient pu s’enfuir. Mais bientôt Marc n’y pensa plus, son esprit ayant tellement de choses bien plus importantes auxquelles il se devait de réfléchir.
 
Il nettoya aussi toutes les traces de sang bleuâtre qui restaient sur le sol. Puis Alae alla se laver à la source que lui indiqua le garçon, contente d’en avoir enfin l’occasion. Elle en revint toute propre, les cheveux soigneusement coiffés et démêlés. Et une fois de plus le garçon se redit que jamais personne ne pourrait égaler en beauté son amie.  
 
Vers deux heures de l’après-midi ils allèrent faire une sieste. Marc laissa de nouveau son lit à la belle Elfe et s’allongea sur le sol, malgré ses virulentes protestations. Elle était son amie et son invité, peut lui importait de mal dormir. De plus il était tellement fatigué que cela ne faisait pas de réelles différences.
 
En effet la jeune femme s’endormit instantanément d’un sommeil réparateur. Sans le laisser trop paraître au garçon, car elle savait qu’elle ne devait jamais dévoiler quoi que ce soit montrant sa faiblesse, ce combat avec les pisteurs l’avait complètement épuisée. Elle avait dû utiliser son terrible pouvoir deux fois à la suite, ce que seule une grande Altaï comme elle pouvait faire et cela l’avait énormément fatiguée.
Après avoir brûlé le pisteur qui l’enserrait, blessé par le couteau de Marc entre ses énormes pinces, elle s’était sentie extrêmement affaiblie, comme si elle était vidée d’elle-même, de ce qui la faisait vivre.
 
Elle avait véritablement tout donné lors de cette terrible lutte et si le jeune humain n’avait pas blessé le pisteur qui l’avait assommé ensuite elle serait dans les mains de Lasash à l’heure qu’il est, et donc probablement atrocement torturée par ses sbires. Mais elle préférait ne pas penser à ce qui pouvait lui arriver, elle devait se concentrer uniquement sur le présent.
 
Après la mort du pisteur blessé par Marc, qui n’eut pas le temps de le piquer de ses dards elle avait veillé le jeune homme pendant de nombreuses heures. Mais après qu’elle eut compris que ses craintes étaient complètement infondées elle avait fini par céder à la torpeur qui l’avait envahie progressivement.
 
Heureusement elle avait eu de la chance. Marc paraissait être son ami, car à aucun moment il n’avait semblé vouloir attenter à se vie, bien au contraire. Et maintenant, quand elle y repensait, elle se redisait qu’elle avait bien fait de le prendre pour guide. Il paraissait vraiment sincère.
À aucun moment, même lorsqu’il aurait pu le faire sans aucune difficulté, il n’avait essayé d’attenter à sa vie. C’était entièrement nouveau pour la jeune Elfe de rencontrer quelqu’un qui ne soit pas hypocrite, fourbe ou intéressé. Et l’idée qu’elle allait pouvoir faire confiance à ce jeune homme comme elle ne l’avait fait jusqu’à présent qu’avec ses sœurs d’armes lui paraissait folle.
Cependant cela lui remplissait le cœur d’une joie nouvelle, une sensation qu’elle ne connaissait pas. « Serais-ce donc ça l’amitié ? » S’était elle demandée juste avant de s’endormir.
 
 
Mais pendant qu’Alae dormait dans le lit au sommier de bois de bois du jeune homme, celui-ci n’arrivait pas à trouver le sommeil.
De nombreuses pensées occupaient son esprit et l’empêchaient de dormir. Et il ne pouvait pas cesser de songer à la belle Elfe assoupie à côté de lui.
 
Finalement, au bout d’un quart d’heure, il se leva et sortit de la cabane avec Ledd, sur la pointe des pieds.
 
Dehors il faisait doux et les deux soleils brillaient haut dans le ciel. Le jeune homme avait ressenti le besoin de raconter à son vieil ami tout ce qui lui était arrivé ces deux derniers jours. Il alla donc s’installer sur l’herbe, dans leur endroit de travail habituel.
 
Il eut quand même un petit pincement au cœur en pensant qu’il se passerait longtemps avant qu’il ne retrouve sa cabane et cet endroit familier. « Dans quelle aventure vais-je me lancer ? » Pensa t’il un instant.
 
Il posa l’épais volume sur ses genoux. Le visage qui constituait l’illustration était clos. Il paraissait dormir paisiblement mais le jeune homme n’eut aucun état d’âme à l’idée de le réveiller. Il lui souffla délicatement dessus, se remémorant en souriant la fois où il lui avait donné une pichenette sur le nez.
 
Le vieux dessin de couverture se réveilla alors progressivement et, après un petit tremblement, finit par ouvrir les yeux.
Ledd bailla alors profondément se qui stupéfia Marc. Il n’avait encore jamais vu une illustration de livre vivante se mettre à bailler ! En fait il n’avait pas pensé que Ledd puisse éprouver des choses réelles comme la fatigue.
 
_ Ah ce n’est pas trop tôt mon garçon ! S’exclama t’il. Je commençais à trouver le temps long !
_ Tu dormais ? Lui demanda avec curiosité le garçon.
_ Disons que je piquais un petit somme réparateur. Mais tu m’as l’air bien fatigué toi aussi ?
_ Non, ça va encore. Mais il faut que je te raconte tout ce qui c’est passé après mon départ pour Monger ! Dit Marc en souriant.
 
Et il raconta au vieux livre toute son histoire. Ledd écoutait, attentif. Lorsqu’il eut fini l’illustration poussa un sifflement de stupéfaction.
 
_ Et bien mon garçon qu’elle affaire ! Dit le vieux grimoire en soupirant.
_ Et je vais accompagner Alae dans son voyage jusqu’à Talak, ajouta Marc. Je lui servirais de guide. Et il va donc falloir que je t’emmène avec moi.
_ Ah ça oui, je ne compte pas rester là ! Mais quand ferons nous de la magie ? S‘inquiéta Ledd.
_ Et bien… le soir ? Proposa le jeune homme.
_ Hum… tout ceci ne me plait pas beaucoup, tu n’es pas prêt, dit Ledd d’un ton préoccupé. Mais bon, tant pis, si tel est ton désir je ne peux rien faire contre ta volonté. Sache seulement mon garçon que ton apprentissage, en tant que doué, est plus important que tout le reste, même si tu t’es amouraché de cette belle Elfe.
_ Oui Ledd, j’ai bien conscience que je ne dois pas arrêter d’apprendre la magie, de toute façon ce n’est absolument pas mon intention, mais nous pourrons aussi le faire en voyageant, répondit Marc qui tenait à rester avec Alae.
_ Hum… quand devez vous partir ? Demanda Ledd.
_ Demain au plus tard je pense, nous sommes très pressés. Mais là nous pourrions faire un peu de magie non ?
_ Maintenant ? S’étonna l’illustration. Et bien, si tu veux mon garçon, conclut-il en retrouvant un peu son sourire.
 
Ce jour là Ledd lui expliqua un deuxième sort car Marc arrivait à lancer un Luminae trata en moins d’une minute et sa petite boule enflammée durait à peu près trois heures. Ledd, sans en toucher mot à Marc, était sidéré de la vitesse à laquelle il avait appris à le manier. En plus il déchiffrait plutôt bien maintenant le Haut Lorgar.
Les derniers doutes sur son don avaient donc disparus de son esprit.
 
_ Bon, aujourd’hui tu vas enfin pouvoir lire le sort suivant, mon garçon. Lui dit Ledd dans un sourire.
_ C’est vrai ? Formidable ! S’exclama le jeune homme.
_ Allez, vas y, lit dans le grimoire le sort suivant, la suite, l’encouragea t’il.
_ Hum… Ah, voilà ! 
Le jeune homme déchiffra les caractères travaillés du vieux grimoire. « Le deuxième sort que j’ai décidé de t’apprendre, ami, n’est que légèrement plus compliqué que le premier. Ne lit ces pages que si tu maîtrises déjà le Luminæ trata. C’est lui aussi un sort qu’on appelle d’équipement car il a une activité très utile au quotidien. C’est le Flamae trata. Il permet au lanceur de faire jaillir une petite gerbe de flamme. Ce qui est très pratique pour allumer un feu, surtout quand il pleut... Voici l’enchaînement correspondant. »
Et ensuite ce sont les dessins. S’écria le jeune homme, enthousiaste.
 
_ Et bien allons y mon garçon ! L’encouragea Ledd d’un ton enjoué.
 
Les positions de mains étaient un peu plus compliquées que pour le premier sortilège mais il y en avait qui étaient communes aux deux sorts. Marc ne réussit à lancer le sort qu’au bout d’une bonne heure. Il ressentit comme une sorte de force qui le quittait, une partie de lui-même, et qui filait dans tout son bras, puis dans sa main et qui enfin jaillissait de sa paume. Des flammes fusèrent de celle-ci et brûlèrent l’herbe à ses pieds, laissant une longue trace carbonisée sur le sol.
 
_ Pas mal mon garçon ! Le félicita Ledd. Elles sont encore petites mais tu devrais être capable d’allumer un feu d’ici trois ou quatre séances !
_ C’est vraiment surprenant ! S’exclama celui-ci. Cela ne réchauffe même pas au niveau de la main !
_ Et oui, et c’est totalement inoffensif pour le lanceur.
_ Ah bon ? En tout cas je suis stupéfait de la vitesse à laquelle on obtient des résultats avec la magie universelle. Moi il m’a fallut au moins trois ans pour pouvoir dire quelque chose à un arbre, alors que là, en une heure j’arrive à lancer le sort.
_ Seulement trois ans ? Marmonna Ledd ébahi.
_ Tu disais ?
_ Oh, non rien mon garçon… Dit Ledd, embarrassé, mais il est normal que l’apprentissage de la magie universelle soit plus rapide que le travail du « pouvoir ». Cependant c’est aussi parce que tu es le doué que tu y arrives si bien, garde cela à l’esprit. En même temps tu vois bien mon garçon que plus tu t’entraînes à lancer un sort plus celui-ci est puissant. L’exercice de la magie universelle est donc sans véritable fin, en fait. Cependant à partir d’un certain niveau je juge que tu maîtrises le sort et tu peux te consacrer au travail d’un autre.
Mais reprenons l’entraînement. Essaye de recommencer. Lui demanda Ledd.
_ Bon, d’accord, répondit le jeune homme. En tout cas je suis content que cela ne m’engourdisse pas trop les mains.
_ Ca c’est à cause du fait que tu commences à lancer des sorts régulièrement, lui répondit le vieux Ledd avec un large sourire.
 
Et Marc travailla ainsi pendant deux heures environ, oubliant presque Alae pour se concentrer sur le travail du Flamae trata.
 
Quand enfin il fut épuisé et que ses mains lui firent mal il s’arrêta. La magie fatiguait, mais différemment que tout travail physique. C’était une impression de lassitude, un mal de tête ou une migraine même parfois.
 
Il alla reposer Ledd dans le coffret à l’intérieur de la cabane sans faire de bruit. En effet à son grand étonnement Alae dormait encore.
 
Il chuchota au livre :
_ Cela ne te dérange pas trop si je te remets dans le coffret Ledd ? Je préfère qu’Alae ne te voie pas.
_ Non, non ne t’inquiète pas pour moi, lui répondit le vieux sage en riant doucement. Je n’ai plus peur du noir depuis très longtemps !
 
 
Le jeune homme ressortit ensuite de sa cabane.
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Samedi 25 février 2006 6 25 /02 /Fév /2006 20:38
Lorsqu’il rentra dans la cabane, ouvrant doucement la porte pour ne pas réveiller l’Elfe si elle dormait encore il vit que c’était déjà fait. Alae se leva pour aller à sa rencontre.
Et ils se mirent à bavarder ainsi sans se soucier du chaos de la pièce, sans que Marc ne rougisse.
 
_ Et bien Marc, je ne peux que te dire un mot : Merci ! S’exclama la jeune femme avec un sourire de gratitude, laissant apparaître ses dents parfaitement blanches. Jamais je ne m’en serais sortie sans toi, ajouta t’elle, un peu gênée quand même.
_ C’est vrai qu’on l’a échappé belle ! S’écria le garçon. Personne n’a été piqué mais il s’en est fallu de peu !
 
Il fut profondément heureux de voir que la froideur initiale de la veille était un peu tombée et qu’il arrivait à parler. Pour la première fois de sa vie il arrivait à parler ! Un frisson de joie lui parcouru l’échine. C’était le plus beau jour de sa vie…
 
_ Oui, mais sans ton aide je ne serais plus ici. Ajouta l’Elfe sombrement. Car seule contre trois Pisteurs sur le sentier je n’avais aucune chance, insista t’elle gravement.
Et en plus tu as risqué ta vie pour moi, sans même savoir qui je suis ! « Et tu ne le sais toujours pas ! » Pensa t’elle cyniquement.
_ Bah, tu n’as qu’à considérer que je l’ai fait pour tes yeux superbes ! Lui répondit Marc avec un sourire charmeur.
 
Alae sourit et lui répliqua :
 
_ Ah oui ? Et tu les as vu du haut de ta colline mes yeux ?
_ Heu…
_ Je sais bien qu’il n’y a pas que ça en toi. Conclut t’elle avec un petit sourire en coin.
 
Il y eut un petit temps de silence. « Elle n’est pas très bavarde », remarqua le garçon. Après une rapide réflexion il lui demanda :
 
_ Finalement, comment t’en es tu tirée après que les monstres m’aient assommé ?
_ Et bien, c'est-à-dire que…
 
Alae ne savait pas quoi dire car elle ne voulait pas tout révéler à ce jeune humain. Or il venait de poser une question cruciale…
« Il vaut mieux être prudente. » Se dit-elle pragmatiquement. « Il m’a sauvé la vie et ignore tout de mon statut. Il est donc préférable qu’il reste dans l’ignorance, pour lui comme pour moi…
Mais je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il ignore que je suis une Altaï. C’est la seule chose qui me gêne. Ni ma tresse ni ma robe n’ont paru évoquer quelque effroi chez lui. » Remarqua t’elle. « Ce jeune humain est vraiment bien naïf. »
 
Marc de son côté vit la jeune femme se renfermer brusquement, comme si elle était soudainement gênée. C’est pourquoi il décida de changer de sujet. « Autant qu’elle ne soit pas gênée pendant les premiers mots que nous échangeons elle aussi. Et avant qu’elle ne poursuive il lui demanda :
 
_ Mais, veux-tu manger quelque chose ? On ne va pas rester comme ça l’un en face de l’autre et debout toute la journée !
_ Oh, je suis affamée ! Ca va faire bientôt deux jours que je n’ai rien mangée vu que je ne pouvais pas m’arrêter et…
_ Deux jours ! Non ? L’interrompit Marc, stupéfait. Et bien assis toi vite que je te prépare quelque chose ! Dit-il en lui présentant une chaise.
 
Et le garçon se dépêcha de lui préparer un copieux petit déjeuner. Quand ils furent enfin attablés l’un en face de l’autre elle lui demanda :
 
_ Mais je ne t’ai pas demandé comment allait ta tête ?
_ Mieux, je n’ai presque plus mal, répondit-il. Je pense que d’ici quelques jours tout aura disparu. N’empêche, quel coup ! Je ne m’en suis pas relevé ! S’exclama le jeune homme.
_ Tu as eu de la fièvre durant une bonne partie de la nuit. D’ailleurs tu as dormi d’un sommeil agité. De temps en temps tu délirais et…
_ Tu m’as veillé toute la nuit ? La coupa Marc étonné de tant de gentillesse.
_ Une partie seulement, j’ai fini par m’endormir au bout d’un moment…
 
En fait la jeune Elfe l’avait plutôt fait pour éviter que le garçon ne la poignarde dans son sommeil. Car au début elle avait cru que le jeune humain n’avait fait que la conduire à sa cabane pour lui tendre un traquenard. Et pendant de longues minutes elle s’était reprochée de l’avoir écouté plutôt que de continuer sa route.
Mais après plus ample réflexion, et en repensant au fait que le jeune homme avait essayé de la défendre contre les Pisteurs, elle s’était finalement dit qu’il ne pouvait pas vraiment vouloir sa mort. « D’ailleurs il en a tué un et blessé un autre » S’était t’elle dit. Elle s’était alors reprochée son manque de confiance excessif qui était presque ridicule. Mais elle avait tellement du se battre qu’elle avait maintenant beaucoup de mal à croire les gens sincères. Elle s’était donc finalement octroyée quelques heures de repos.
 
_ Mais non tu n’as pas à être désolée, c’est à moi de te remercier d’avoir pris autant soin de moi !
Mais, pourquoi étais tu poursuivie par des pisteurs ?
_ Et bien, c'est-à-dire que je ne suis pas de ce pays, comme tu as du le remarquer. Je suis une Elfe.
_ C’est bien ce que je pensais, mais pourquoi traverses-tu les montagnes et la forêt de la frontière sans escorte ou compagnons ? C’est extrêmement dangereux !
_ Et bien, en fait j’avais une escorte mais elle a été tuée dans une embuscade dit t'elle tristement, et je ne sais pas si aucun de ceux qui m’accompagnaient ont survécu à l’attaque de ces serviteurs du mal car j’ai été contrainte de fuir.
 
En prononçant ces mots Alae serra les dents et la rage remplaça bientôt la tristesse dans son cœur alors qu’elle revoyait les traits de tous ceux qui étaient morts pour elle, pour qu’elle mène à bien sa mission. « Rien au monde ne doit plus m’arrêter maintenant » se redit-elle en elle-même une fois de plus. Sa détermination devait être sans faille en l’honneur des défuntset de ceux qui avaient placés leur confiance en elle.
 
_ As-tu perdu des personnes qui t’étaient chères ? Lui demanda Marc, comprenant sa peine car il l’avait déjà vécue.
_ Oui, répondit-elle dans un souffle. J’ai perdu une sœur et de nombreuses personnes qui m’étaient précieuses.
_ Je suis désolé, murmura le garçon, compatissant.
_ Ce n’est pas grave, répondit-elle, ne voulant pas laisser trop paraître son émotion véritable et prenant un visage posé. La jeune Elfe détestait laisser s’échapper ses émotions qu’elle considérait comme des signes de faiblesse.
 
 
Cependant Marc remarqua quelques petites larmes scintillantes au fond de ses prunelles.
 
Alae soupira de nouveau et se pencha en arrière, sur le dossier de sa chaise, le regard perdu dans le vague. Marc ne dit rien et il se mordit la lèvre en s’en voulant de lui avoir ainsi rappelé des souvenirs tristes. « Tu aurais pu faire attention, c’est malin ! » Pensa t’il.
Mais il admira en lui-même la force intérieure de cette jeune femme. Malgré ce sort qui l’accablait elle continuait sa mission dont il ignorait tout sans jamais faillir, et avec un courage à toute épreuve. « Sa force d’esprit se reflète d’ailleurs sur son visage » se fit-il remarquer. Après ce moment de silence la belle Elfe fit retoucher le sol aux pieds de sa chaise et, après avoir soupiré doucement finit par prendre une tartine dans laquelle elle mordit à pleines dents. Cela fit sourire Marc et brisa ce froid qui s’était installé et qui l’oppressait.
 
_ Je ne devrais rien te dire de tout ça, lâcha t’elle tout d’un coup, l’air embarrassée. Car… 
_ Pourquoi ? Nous sommes amis, non ? S’étonna le jeune homme.
_ Amis ? Et bien oui… nous sommes amis, répéta la jeune Elfe qui paru cependant être indécise.
 
Cela troubla un peu Marc mais il n’insista pas. Cependant l’idée qu’elle ne le considère pas encore comme un ami après ce qu’il avait fait pour elle lui fit mal au cœur. Il ne laissa rien paraître et il lui demanda si elle aimait cette nourriture humaine.
 
_ Oh, oui ! J’adore le pain que font les humains, s’exclama Alae contente elle aussi de ne pas avoir à en dire plus à Marc et de parler de quelque chose de plus joyeux. Cependant le jeune homme l’avait étonnée en lui disant qu’il était son ami. C’était pensa t’elle la première fois que cela lui arrivait. Jamais un homme ne lui avait dit de chose pareille car elle n’avait jamais eu de véritable relation avec des hommes autres que lors de combats...
_ J’en suis heureux. Répondit Marc en souriant. Moi je ne sais pas de quoi se compose la cuisine Elfe.
 
Elle lui expliqua alors de quoi était constitué le quotidien Elfique, tout en veillant à ne pas dévoiler trop son véritable statut au sein de la société.
 
_ Mais d’où viens tu précisément ? Demanda le garçon.
_ D’Elaetol, répondit elle en souriant gentiment. Je ne suis pas sure que tu saches où c’est. C’est la capitale Elfique.
_ Si, si ne t’inquiètes pas je sais quand même situer la capitale de ton peuple, je connais quelques rudiments de géographie… Mais c’est à l’autre bout du continent ? S’étonna le jeune homme en pensant que lui-même n’avait jamais voyagé autant dans sa vie et qu’il ne le ferait probablement jamais.
_ Oh oui, ce n’est pas tout près d’ici.
_ Quand vas-tu repartir ? Demanda le jeune homme inquiet à cette idée, demain ?
_ J’ai une mission à accomplir et un message urgent à transmettre. Je pense que je ne pourrais pas m’attarder ici. Les envoyés du Noir me retrouverait facilement dans cette clairière et en plus je ne veux pas mettre une seconde fois ta vie en danger, dit elle en fronçant les sourcils.
_ Quoi ? S’écria le jeune homme. Mais avec les pisteurs c’est entièrement de mon plein gré que j’ai mis ma vie en péril, tu n’y étais absolument pour rien, et tu ne dois pas te reprocher quoi que ce soit !
_ Je sais… Mas il n’empêche que tu ne dois plus me suivre, je dois rester seule. Quoi qu’il m’en coûte, répondit la belle Elfe, le visage durcissant légèrement sous la détermination.
_ Mais ce n’est pas possible ! S’écria Marc, interloqué. Jouant le tout pour le tout il continua :
_ Tu sais bien que tu n’as aucune chance de survivre seule. Si je n’avais pas été là les pisteurs t’auraient capturée, tu l’as dit toi-même !
 
Le garçon ne comprenait plus l’inflexible résolution de la belle Elfe. Il savait que c’était maintenant que tout se jouait si il voulait créer quelque chose entre eux et il ne comptait pas laisser partir aussi facilement ce qu’il considérait comme la chance de sa vie…
De plus à l’évocation de son possible sort entre les griffes des pisteurs il avait senti Alae se tendre. Elle craignait quand même ces créatures.
Mais les yeux de la jeune femme avaient repris cet air froid et terne. Il comprit qu’il devait dire quelque chose dans la seconde s’il ne voulait pas que la décision ne devienne définitive. Il commençait à connaître la belle Elfe et savait que lorsque son regard devenait dur cela ne présageait rien de bon.
 
_ Qu’importe, dit le garçon, où dois-tu te rendre pour porter ton message ?
_ A Talak, la capitale humaine, dit-elle tristement.
_ Et… As-tu un guide ou quelqu’un pour t’y conduire ? Demanda le garçon, tentant sa chance et heureux de voir que la jeune femme semblait désolée de le quitter.
_ Et bien non, le précédant s’est fait tuer sous mes yeux… Mais je ne vois pas où tu veux en venir ? Répondit-elle.
_ Hum… et bien alors dans ce cas je t’accompagnerais à Talak, je te servirais de guide. Car je doute que tu puisses trouver une autre personne que moi pour t’y mener. Dans le coin, ils ne connaissent la ville que de nom. Il faut dire aussi que l’Empire est tellement grand… Je connais à peu près la route car avant la mort de mes parents j’y ai habité. D’ailleurs j’y ai de la famille, un cousin éloigné je crois…
 
La jeune Elfe réfléchit rapidement. « Récapitulons » se dit t’elle, « premièrement il m’a sauvé la vie, et ce sans aucune raisons particulières autre que de ne pas laisser une personne sans défense. Je peux donc lui faire confiance bien plus qu’à un autre guide. Deuxièmement il ne semble pas avoir remarqué que je suis une Altaï, ce qui peut-être intéressant. Enfin il dit que je suis son amie, et est aussi gentil qu’attentionné. Pourquoi ne pas l’emmener avec moi ? De plus il est courageux et il ne craint pas de se battre car il aurait très bien pu m’abandonner pendant le combat avec les pisteurs. Allez, il me sera utile.
 
_ Bon, finit t’elle par dire au garçon impatient et inquiet, c’est d’accord, tu iras avec moi jusqu’à Talak et tu me serviras de guide. Mais je suis vraiment mécontente de te voir encore risquer ta vie à m’accompagner conclut-elle en riant.
 
 
 
Le garçon crut que son cœur allait éclater de bonheur. Il avait réussit à convaincre la belle Elfe de le laisser faire la route avec elle. Il allait pouvoir découvrir un peu plus de son caractère et de sa vérité. Plusieurs mois avec une fille superbe à son côté, que rêver de plus ? Et en plus il allait pouvoir retourner un peu à Talak, ce qui finalement ne lui allait pas si mal…
 
 
_ Si tu me suis alors il va falloir se dépêcher sur la route, continua Alae. Comme tu le sais maintenant, nous sommes poursuivis par des envoyés d’un des quatre Noirs, Lasash. On devra vraiment partir au plus tard demain, dit-elle avec gravité.
_ Peux tu me décrire comment étaient ceux qui t’ont attaqué toi et ton escorte ? Lui demanda le jeune homme, désireux de savoir un peu plus sur qui leur en voulait.  
_ Et bien, hum… Ils étaient entièrement vêtus de noir… et… ils portaient des masques de couleur rouge sang, essaya de se souvenir la jeune femme.
_ Pas de doutes, c’était des Roths, déclara le garçon.
_ Des Roths ?
_ Ce sont les membres d’une confrérie, d’une secte qui prône la haine et qui vénère les Noirs, lui expliqua Marc.
 
Une expression de dégoût profond passa sur le visage de la belle Elfe. Visiblement elle était aussi révoltée que Marc à l’idée que des humains puissent faire une telle chose.
 
_ Je ne pense pas qu’ils vont s’arrêter là, vu que c’est sûrement toi qu’ils voulaient, déduisit Marc.
_ Oui, je pense, dit l’Elfe, un air de guerrière se peignant sur son visage.
_ Il faudra être prudent, continua le garçon. Ces Roths sont très puissants et ces dernières années leur pouvoir n’a pas cessé de croître. Et ils ont de nombreux alliés, ajouta t’il.
_ Bien, alors nous essayeront de ne pas les recroiser… dit durement Alae.
 
Ils finirent ensuite de petit déjeuner en décrivant chacun leur pays. Marc parla à Alae de son épaisse forêt, de ses sous bois enchantés et des petites clairières à l’herbe verte et des fleurs printanières. Quand à Alae elle décrivit Elaetol, avec ses tours d’argent perçant le ciel. Elle lui conta aussi ces balades dans l’immense cité le soir couchant, avec les multiples reflets de la lumière sur les bâtiments et ces instants dans les espaces de verdure de la ville au petit matin.

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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Vendredi 24 février 2006 5 24 /02 /Fév /2006 18:55
Lorsqu’il se réveilla, la bouche pâteuse et l’œil hagard, il était allongé dans son lit. A côté de lui, sur une chaise, dormait Alae. Elle avait dû le veiller pendant un long moment car de profondes cernes s’étendaient sous ses yeux. Elle semblait totalement épuisée. Marc lui, avait un mal de tête épouvantable. Du sang avait coagulé sur ses cheveux et son corps était poisseux de transpiration. Avant de laisser retomber sa tête sur l’oreiller et de se rendormir il vit le corps de la bête qu’il avait blessée gisant sur le plancher dans une flaque de sang bleuâtre mais pas ceux des deux autres pisteurs. La maison était dans un état effroyable.
 
Quand il se réveilla de nouveau il faisait grand jour. La jeune femme était encore assoupie à son côté.
 
« Dieu qu’elle est ravissante quand elle dort » Se dit Marc avec un petit sourire. « Je n’avais jamais imaginé qu’il puisse exister une personne d’une beauté comparable… »
 
Sa tête lui faisait encore mal mais la douleur restait supportable. « Je vais me lever et aller me rincer le visage à la source » Pensa t’il. Il sortit donc de la maison tout en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Alae et alla faire sa toilette.
 
La source où il s’approvisionnait en eau n’était pas très loin de chez lui. De l’eau tiède jaillissait de la roche et coulait, en formant une petite cascade, vers le ruisseau en contrebas de la cabane. On pouvait facilement se laver sous la petite cascade et elle lui servait ainsi de baquet. Il utilisait aussi cette eau tous les jours pour boire, se laver et arroser ses plantations. Il vivait ainsi presque en autarcie dans la nature et il n’avait pas souvent besoin d’aller à Monger, seulement pour acheter de la farine et voir ses quelques amis.
 
Une fois qu’il fut lavé de toute la fatigue et des émotions de la veille Marc se sentit beaucoup mieux. Il s’appuya aux rochers humides de sa cascade et repensa à tout ce qui lui était arrivé la veille.
Surtout il songea à la jeune Elfe. « Elle est vraiment superbe. Si parfaite que je n’aurais même pas osé imaginer que quelqu’un puisse être ainsi. C’est la fille de mes rêves ! » Pensa t’il tout d’abord avec emphase.
« Je crois bien que je suis tombé sous le coup terrible de son charme… Il ne faut vraiment pas que je la quitte. C’est la chance de ma vie ! Déjà que je n’ai presque jamais eu la possibilité d’avoir des amies filles et que je vis au milieu de la forêt pour ma magie ce qui ne facilite pas vraiment les rencontres… Non je dois rester avec elle, nouer quelque chose. Je ne la connais que depuis quelques heures et déjà je ne peux plus me passer d’elle, de la voir, de la regarder. Chaque minute passée à l’observer est une minute de bonheur incomparable… Rien que tout à l’heure, souvient toi comment elle était lorsqu’elle dormait sur la chaise à côté de toi ! » Se dit-il tout haut.
« Tu dois en apprendre plus sur elle, savoir où elle va. Ne la laisse pas repartir comme ça Marc ! » S’ordonna t’il. Et il sortit de l’eau pour se rhabiller, pensant que peut-être elle avait pu déjà s’en aller alors qu’il se lavait…
 
Pendant qu’il se rasait à l’aide d’un grand couteau à lame courbe il repensa à son combat. Il s’étonna alors de la disparition des cadavres de deux des trois pisteurs. En effet il n’avait vu que le corps de celui qu’il avait tué.
« Bah, les autres se sont peut–être enfuis après avoir été blessés. » Se dit-il finalement.
 
Le garçon se réjouit à nouveau de leur victoire sur les terrifiantes créatures. Il n’osa pas imaginer ce qui serait arrivé à la belle Elfe si elle était tombée entre leurs mains et avait été piquée par un de leurs dards. « Elle n’aurait été alors qu’un rêve fugace et brisé. Mais on a gagné, et si je lui ai sauvé la vie ça crée quand même quelque chose entre nous. » Raisonna t’il en soupirant. « Combattre tisse des liens, je devrais être capable de vaincre cette timidité qui m’étouffe dès que je parle à une fille. En plus je ne sais même pas à quoi cela est dû… Je n’ose pas, je suis incapable de m’exprimer, je rougis stupidement. Alors qu’avec les garçons ce n’est absolument pas le cas. C’est stupide ! Je ne comprends pas... Et ce malgré mes efforts ! » Songea tristement Marc, perdant un peu de la joie qu’il avait éprouvée en pensant à la belle Elfe durant son bain. « Là il va falloir que tu te prennes en main. C’est une fille exceptionnelle, tu dois être exceptionnel aussi. Changer. Puisque tu le veux tu le peux ! » Se sermonna t’il.
 
Et quand il retourna à sa cabane le jeune homme était plus déterminé que jamais à ne pas laisser repartir sans rien faire la belle Elfe et à entamer une conversation avec elle dès son réveil pour en apprendre plus, car pour le moment il ne savait rien d’elle à part son nom, Alae. Et il se répéta ce nom pour lui-même, Alae, Alae…
 
C’était doux et plaisant et cela lui fit oublier toute anxiété.
 
 

 

 
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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 14:32
Les trois créatures surgirent, touchant les poutres qui maintenaient le toit de chaume par leur taille et renversant meubles et autres objets sur leur passage. Marc défit la sangle de son couteau de chasse et le sortit rapidement malgré les tremblements qui lui secouaient l’échine.
 
Alae aussi s’était levée, et ses yeux brillaient d’un éclat particulier, presque gris, qui aurait terrifié Marc si ce dernier avait pu le voir. Elle se dressait fièrement, avec calme et sang froid. Elle ne paraissait pas ressentir aucune peur, ou du moins ne laissait rien transparaître.
 
_ Toi, reste en dehors de cela et nous ne te ferons rien, dit dans un sifflement le plus gros des monstres tout en avançant ses dards d’un geste menaçant. Il paraissait être le chef de ces trois bêtes et était particulièrement repoussant.
 
 Le jeune homme regarda l’Elfe et lui chuchota :
 
_ Je ne vous abandonnerais pas, mais que dois je faire face à ces bêtes ?
_ Essayez de les empêcher de se jeter toutes sur moi en même temps, tentez d’en blesser une de votre couteau ! Lui dit elle doucement. Et surtout, ne me touchez pas pendant le combat, restez le plus éloigné possible de moi.
_ Très bien, lui répondit le jeune homme avec une détermination d’autant plus grande qu’il crut voir apparaître une petite lueur de reconnaissance au fond des yeux de la jeune femme.
 
_ C’est la fille que nous voulons, pas toi, continua le monstre visiblement contrarié qu’il parle avec l’Elfe. Laisse nous passer et on ne te fera pas de mal redit-il. Tu as ma parole.
Mais c’est le dernier avertissement ! Ajouta t’il avec ce qui paraissait être un sourire cruel.
 
Les bêtes se rapprochèrent de plus en plus près, glissant sur leurs queues. Elles avaient deux toutes petites pattes à l’avant de leur buste qui auraient parues ridicules si leurs extrémités n’étaient pas terminées par des griffes acérées.
 
_ Non, je resterais là. Je suis chez moi ici ! Cria le garçon d’une voix qui cependant tremblait un peu.
_ Bien, dit gravement l’infecte créature, puisque tu ignores notre avertissement tu mourras aussi.
 
Et le chef des pisteurs attaqua brutalement, en se jetant sur eux les deux dards de son dos pointés en avant.
 
Il poussa d’un grand coup de queue Marc qui faillit tomber à la renverse sous la force du choc et se précipita vers Alae. Mais le jeune homme tint bon et reprenant rapidement ses esprits il riposta lorsqu’un autre des trois monstres passa à sa portée.
Il lui enfonça son couteau dans le flanc, de toutes ses forces. La bête poussa un cri de rage strident sous le coup et se tourna vers lui.
A ce moment là il entendit comme le bruit sourd d’une explosion de flammes crépitantes. Mais il ne pouvait pas regarder ce qui se passait car il était occupé à lutter avec la bête qu’il avait blessée.
Elle s’était redressée de toute sa hauteur alors qu’il retirait son arme pleine de sang et elle projeta violemment sa queue pour l’assommer, en sifflant. Le garçon l’évita de justesse et se jeta à nouveau sur le monstre mais en visant la tête cette fois ci.
Il réussit à planter son arme dans ce qui lui parut être l’un des yeux de la bête. Celle-ci poussa un cri pire encore que le premier et fut secouée d’un violent soubresaut.
 
Marc n’attendit pas la suite et il recula. Il fit ensuite volte face, et lança son couteau vers le chef des pisteurs qui enserrait Alae avec ses petites griffes et allait lui plonger ses deux dards luisants dans le corps.
Marc ne comprit pas ce qu’il était advenu de la troisième horreur mais il vit son couteau s’enfoncer profondément à l’endroit de la jointure entre les deux excroissances de la créature qui siffla de rage à son tour.
 
Mais elle ne lâcha pas Alae qui essayait de se débattre pour sortir de l’étau d’acier qui la maintenait. Et le pisteur allait la blesser lorsqu’une queue surgie de nulle part s’abattit sur la tête du jeune homme qui s’écroula sur le sol.
 
La dernière chose qu’entendit le garçon avant de sombrer dans l’inconscience fut à nouveau l’étrange bruit de bois sec s’embrasant.

 

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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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