Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 09:52
Cependant du côté de Marc tout était bien différent…
 
Le garçon avait reprit conscience bien avant son aimée mais lorsque ses geôliers vinrent le chercher il était encore épuisé. Sa longue inconscience l’avait profondément affaibli si bien qu’il n’avait presque fait que dormir jusqu’alors, se réveillant uniquement pour boire et se nourrir.
 
Un grand guerrier Elfe habillé de vert et de brun, une longue lance à la main et un arc dans le dos, lui avait lu sa condamnation. Il en était comme pour Alae, mais avec cependant nettement moins de douceur et de compassion. L’homme, accompagné de quatre autres, lisait froidement et insensiblement, à la manière usuelle des bons soldats...
 
On passa lui ensuite des fers aux pieds et aux mains. Puis on lui donna des vêtements propres, malgré son nouveau statut de forçat. Il était seulement vêtu d’une tunique de lin rouge, serrée à la taille par une corde rapiécée. La tunique comportait un capuchon et deux poches et son contact râpeux sur la peau démangeait pour qui n’était pas habitué.
 
Les Elfes semblaient stricts mais non dépourvus d’un certain respect pour la vie, même Humaine. Ils ne paraissaient pas non plus injustes, meurtriers ou tortionnaires, ils appliquaient seulement leur loi avec la plus grande rigueur…
 
On donna ensuite à boire et à manger au jeune homme. De l’eau fraîche venant du torrent et une sorte de pain plat, sans levain et sans goût, mais nourrissant, ce qui était le principal. Puis enfin les cinq gardes le conduisirent là ou il devait passer le restant de ses jours. Les Chantiers.
 
Il traversa une partie de la cité suspendue d’Othali et comprit avec ce bref aperçu combien elle était belle et raffinée. Soutenues par les arbres immenses de Kaëlor des plates-formes et des terrasses s’étendaient sans fin. Les maisons dans lesquelles vivaient les Elfes des bois étaient construites en bois avec des toits penchés d’un côté et recouverts de tuiles en glaise séchée aux soleils. On sentait et voyait partout une expression de ce goût au raffinement poussé à son extrême qu’avaient les Sylvains en matière d’architecture.
 
Sur la route le jeune homme demanda ce qui était construit dans les chantiers.
On lui répondit : « une immense plate forme surélevée, pour que les Initiés par l’Enchanteur puissent s’entraîner à la magie dans les meilleures conditions. »
Il demanda alors qu’elle forme de magie ils pratiquaient.
« Ils remplissent les fonctions de Devin, de Guérisseur et de Conseillers avisé pour le Chef du Clan. Ils savent aussi dialoguer avec les arbres et manier parfaitement la magie de la nature. Ce sont eux qui permettent depuis toujours notre vie en symbiose avec la forêt. Nous ne pouvons vivre sans elle et elle ne peux résister sans nous. C’est une relation d’échanges mutuels qui est favorable pour tous. »
 
Enfin, après avoir descendu de nombreux escaliers, échelles et plates-formes, longue et patiente descente aux Enfers, il arriva devant ce que les Elfes appelaient les « Chantiers ».
 
Des centaines d’hommes et de femmes en robes rouges travaillaient dans cet endroit à la force de leurs poignets, tels de minuscules fourmis bâtissant patiemment leur fourmilière. Le garde qui était à côté de Marc lui expliqua l’organisation.
Pour le moment la construction de la plate-forme n’en était qu’au stade de déboisement, pour récupérer le bois nécessaire. Certains étaient chargés d’abattre à coup de hache les grands conifères tandis que d’autres s’occupaient de débiter les troncs en planches de mêmes dimensions. Enfin les femmes étaient chargées de transporter les longues lattes de bois vert dans un grand endroit surélevé, à l’abri de la pluie et de toute pourriture, le työ.
 
Marc n’avait encore jamais travaillé sur un chantier de cette taille. De plus celui-ci était particulier, c’était un bagne…
 
Le jeune homme ignorait tout encore de cette ambiance si particulière qui régnait dans cet endroit, au plus profond de la forêt de Kaëlor.
Des arbres coupés tombaient régulièrement, dans un déchirement de feuilles et de branches. Le bruit sourd et entêtant des haches, mêlé à celui des cris emplissaient l’air, tandis que le grincement régulier des scies vrillait l’oreille. La forte odeur de sève brune des conifères faisait frémir les narines et enivrait les esprits d’une lourdeur sucrée. Quelques gardes armés de fouets aux lanières de cuir dirigeaient et surveillaient les travailleurs, attentifs. Cependant l’absence de rébellion aucune de la part des forçats était frappante. Les travailleurs ne semblaient pas tenter de désobéir d’aucune sorte et les coups ne tombaient que rarement. L’abattement et la résignation semblaient avoir remplacé toute indignation ou soif de révolte… 
 
 
On lui expliqua ensuite le fonctionnement du chantier. Tous les esclaves travaillaient en petites équipes de dix. Chacune d’elle était menée par un Decal, qui donnait les ordres et était chargé du bon fonctionnement de l’ensemble. Le Decal était un forçat compétent, de bonne volonté, et qui avait fait ses preuves. Remarqué par les Elfes il avait alors pu être promu, mais n’en restait pas moins un détenu et n’était absolument pas libre. Nul ne pouvait racheter sa liberté que par la délivrance de la mort…
Chaque jour un objectif nouveau était donné au Decal par les Elfes. Lui et son équipe devaient alors s’y conformer et le remplir du mieux qu’ils le pouvaient. Mais les Elfes Sylvains ne demandaient pas trop et restaient toujours dans les limites Humaines. On travaillait dur sur les Chantiers, mais on pouvait quand même y mourir de vieillesse… 

 
Quand Marc s’étonna que les Elfes Sylvains, pourtant en symbiose avec la nature, coupent ainsi des arbres, on lui répondit que seules des parcelles plantées pour être coupées l’étaient et que la forêt avait accepté cette condition vitale pour la vie des Elfes. Cela faisait partie du grand pacte qui unissait le peuple Sylvain et Kaëlor. En échange de ce sacrifice consenti par les bois les Elfes devaient entretenir et veiller sur le restant de la forêt et replanter régulièrement de jeunes pousses, pour permettre toujours un renouvellement.
 
 
Enfin on confia le jeune homme à son nouveau Decal. Une équipe venait tout juste d’être formée et Marc en était le dernier membre. On lui donna un brassard de tissu jaune sur lequel était inscrit une lettre mais dans un alphabet Elfique que le garçon ne connaissait pas. Cela ressemblait à une sorte de S avec un point au dessus. C’était beau et compliqué, à l’image des Elfes eux-mêmes. C’était le symbole de sa Décade, son équipe. Le jeune homme le passa à son bras.
Ils étaient assignés à l’abattage du bois. Les cinq gardes le laissèrent ensuite avec son Decal et partirent, de leur pas ordonné et régulier.
 
Le Decal du garçon était un homme mur, d’une quarantaine d’années. Sa peau était burinée et ses cheveux châtains clair. Malgré son âge de profondes rides noires marquaient son visage sale et poisseux de transpiration. Il était grand et large d’épaule. Ses muscles puissants saillaient sous sa tunique souillée par la sève des arbres. Dans ses yeux noirs et durs on pouvait lire toute la souffrance physique qu’il avait endurée et endurait encore. Mais une petite lueur persistait cependant aux creux de ses pupilles, s’attardant comme seul l’espoir sait le faire. Quand les gardes furent partis il tendit une poignée de main franche au garçon :
 
_ Bienvenue parmi les parias et les exclus de la grande civilisation Elfique, dit-il amèrement d’une voix si grave qu’elle stupéfia le jeune homme. Je m’appelle Fritz et je suis ton chef ici.
_ Je suis Marc, répondit celui-ci en serrant la main chaleureusement tendue.
_ Viens je vais te donner une hache et te présenter aux autres.
 
Marc suivit avec difficulté Fritz dans l’encombrement du Chantier. Ce dernier se déplaçait avec une vitesse et une habilitée qui montrait bien sa longue expérience. Il enjambait outils et arbres et se faufilait avec la rapidité de l’éclair entre les ouvriers en tunique rouge et les gardes avant qu’ils n’aient pu vraiment se retourner. Le garçon lui trébuchait souvent et bousculait maladroitement les gens sur son chemin en s’excusant. Enfin, après avoir manqué à de nombreuses reprises de perdre de vue son Decal il arriva au lieu de travail assigné à l’équipe au S. Il vit alors les neuf autres membres qui s’étaient arrêtés un instant de travailler pour accueillir le nouveau venu, prévenus de son arrivée par Fritz. Tous se présentèrent au jeune homme :
 
Il y avait Rakhor, un homme immense à la peau blanche, venant de Dalthésie, une province Nordique de l’Empire Humain, Hutt, plus petit que Rakhor mais tout aussi trapu, qui lui expliqua qu’il avait été jadis un soldat du Priest de Kaëla, la capitale du comté, puis venait Joth, un jeune homme svelte et agile à l’œil pétillant, probablement du même âge que le garçon. Et enfin, seule femme de l’équipe il y avait Martha. Elle avait été à une époque révolue une jeune fille trop curieuse et trop aventureuse et quarante ans plus tard elle ne cessait toujours pas de le regretter... Elle s’occupait de crier gare et de prévoir la position de l’impact que faisaient les arbres en tombant, ce qui était indispensable pour coordonner le travail sur les Chantiers et éviter les accidents. Elle était ce que les forçats appelaient une « crieuse » et était tout aussi indispensable que si elle avait manié la hache comme les autres car c’était un métier à part entière.
 
Et s’en était tout pour les Humains.
 
Il y avait ensuite Thÿrill, un rude nain à la barbe rousse et aux épaules carrées mais qui, après avoir souhaité la bienvenue en enfer au jeune homme, se mit à rire d’un bon rire bruyant et franc. Enfin venaient trois Elfes, Othae, Förnir et Rya. Othae et Rya paraissaient assez jeune mais Förnir semblait être le plus âgé de toute l’équipe. Tous trois venaient des Royaumes Elfiques et semblaient très soudés ensemble. Othae, salua le premier, de sa voix mélodieuse et expliqua au garçon qu’il fut un temps où il était un Initié magicien. Puis Rya vint se présenter au jeune homme. Il avait été autrefois un noble guerrier et avait eu le malheur de s’aventurer trop loin de la route marchande…
Enfin Förnir, le dos courbé par l’âge, lui souhaita la bienvenue avec un regard profond et pénétrant où brillait l’intelligence.
 
Mais à peine le garçon eut-il finit de saluer tout ses nouveaux camarades qu’un garde qui s’était rapproché à grands pas les sépara avec violence, en faisant claquer son fouet, et leur ordonna de se remettre immédiatement au travail. L’inactivité était inconnue et sévèrement punie sur les Chantiers Sylvains.
Fritz tandis sa nouvelle hache au garçon et lui indiqua l’arbre qu’il devait couper. Il était marqué par une petite rune rouge, peinte sue l’écorce.
Il devait le faire avec Thÿrill, car on travaillait toujours à deux sur le Chantier.
 
Ni l’un ni l’autre ne dirent rien alors qu’ils abattaient régulièrement leurs lourdes cognées aux lames étincelantes sur le large tronc du grand Erable, dans des gerbes de sève poisseuse. Le soleil chauffait les épaules du garçon tandis qu’il sentait la transpiration commencer à humidifier sa tunique dans le bas de son dos. Marc ignorait que couper un arbre aurait pu être si long et si épuisant. Le nain lui semblait être parfaitement rôdé à ce travail et en le regardant on aurait juré que c’était travail facile.
 
Enfin quand Thÿrill vit que l’arbre allait tomber il fit un petit signe de la main à Martha. Celle-ci se rapprocha et resta un instant à étudier l’arbre. Marc crut déceler une lueur de répréhension dans ses yeux. Visiblement il n’avait pas été très bien coupé et cela ne facilitait pas son travail… Mais après quelques instants elle prit une décision et cria à tous de faire attention et de se pousser de l’axe de chute. Puis elle ordonna au nain d’achever l’arbre sous un angle précis qu’elle lui détailla. Et, sous les yeux attentifs du garçon dont les bras tremblaient presque, Thÿrill porta rapidement les derniers coups au grand arbre qui s’écroula de tout son long dans un bruit terrifiant, à l’endroit précis prévu par Martha. Ils passèrent ensuite à un autre arbre désigné lui aussi par la petite rune rouge. Et ils continuèrent ainsi durant tout le reste de la journée, s’arrêtant une seule fois pour boire un peu.
 
Lorsque le cor résonna dans l’immense Chantier, signant la fin de la journée, ils avaient abattus une soixantaine d’arbres à eux deux. Marc était complètement exténué et il lui semblait qu’il allait s’effondrer par terre, dans une grande flaque de transpiration. Toute sa tunique en était imbibée et sa gorge était pareille à une peau de cuir desséchée. Jamais il n’avait fourni aussi dure journée de travail de sa vie entière. Tout son corps était courbaturé et ses épaules le faisaient souffrir atrocement dès qu’il les bougeait. De plus sa douleur au dos recommençait et, en y passant sa main, le jeune homme crut y sentir comme une petite bosse.
 
Mais, alors que Marc sentait le désespoir l’envahir Thÿrill lui donna une grande tape dans le dos, heureusement pas à l’endroit de sa douleur, mais qui faillit quand même le faire s’écrouler.
 
_ Et bien, comment te sens-tu ami Marc après ta première demi-journée de travail ? S’exclama t’il de sa voix forte comme le roc. Et en voyant la mine dépitée du garçon il éclata d’un rire tonitruant…
 
 
***
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Lundi 9 octobre 2006 1 09 /10 /Oct /2006 16:33
Après le conseil la Catal Raëlle retourna chez elle. Elle traversa de nombreux ponts suspendus, d’immenses plates formes, monta des étages, des échelles et enfin arriva dans la partie résidentielle de la ville d’Othali, la cité du clan Othal. La ville était gigantesque et entièrement construite à la cime des arbres, à peine sous leurs frondaisons.
Tous les arbres qui avaient étés coupés étaient replantés immédiatement, dans un grand respect. Seuls certaines parcelles avaient le droit d’être déboisée pour la construction de la ville. En échange de ce sacrifice les Elfes s’occupaient de protéger la forêt de toutes sortes de destructions et d’envahisseurs, gardiens attentifs vivant aux plus profond des bois. Ils veillaient aussi à l’épanouissement des arbres. Tout cela faisait partie d’une alliance très ancienne entre les Elfes et les hommes, il y a de cela des siècles. Et nul ne pourrait jamais desceller cet antique pacte.
 
Les cités Elfiques étaient presque toutes bâties sur le même plan : Elles avaient souvent une forme rectangulaire et sur toute la bordure de la ville des tours de défense, des plates-formes de guet et des emplacement de combat permettaient aux Elfes de pouvoir rapidement se rendre compte de toute attaque et faciliter la défense. En cas de combat les Elfes décimaient leurs ennemis par des nuées de flèches avant de les achever à la main, souvent en descendant de leurs positions élevées par le biais de cordes.
 
Tout le peuple Sylvain apprenait dès son plus jeune âge à tirer parfaitement à l’arc, à se battre au couteau et à l’épée ainsi qu’à manier la corde et à escalader un arbre, bien entendu. Ceux qui avaient des prédispositions apprenaient aussi à parler aux arbres, et l’utilisation des runes divines ainsi que de toute une part de la magie connue uniquement des Elfes des bois. Ils étaient appelés les Enchanteurs.
 
La ville Elfique en tant que telle possédait aussi une immense place commune, où se trouvaient un marché ainsi que la plupart des commerçants et artisans, une grande partie réservée aux Enchanteurs avec les temples dédiés aux Dieux et aux Déesses et leurs lieux d’entraînement. Il y avait aussi toujours une énorme caserne et ses baraquements, un lieu pour la politique et les conseils de la cité, le Hartor, et enfin une partie résidentielle où habitaient presque tous les Elfes.
 
Raëlle résidaient dans une grande et luxueuse plate forme personnelle à double étage. Elle venait d’y emménager, depuis qu’elle était passée de Mathari à Catal. De toutes façons Raëlle n’avait pas beaucoup de meubles. Elle avait donc beaucoup d’espace inoccupé. La toile jaune qui recouvrait les murs de ses appartements était toute neuve et venait d’être posée par le tisserand.
Raëlle n’avait aucun esclave, ce qui était courant car les Elfes n’étaient pas en guerre. Elle n’avait pas non plus de compagnon. Sa position de guerrière et de Catal lui empêchait souvent de tisser des relations différentes de celle de chef à subordonné avec les autres.
Mais ce soir là Raëlle était fatiguée. Elle dénoua ses longs cheveux blonds qui lui tombèrent jusqu'à la taille et alla se passer le visage à l’eau.
 
En effet grâce à la magie des Enchanteurs les Elfes des bois avaient réussi à mettre en place de puissants sortilèges autour des différentes rivières et ruisseaux qui parcouraient la forêt. L’eau était aspirée dans des tuyaux de bois creux cerclés d’acier et attirée irrésistiblement par les petites gemmes vertes présentes au dessus de chaque extrémité. En fait les tuyaux principaux se divisaient en dizaines de canalisations de plus en plus fines jusqu’à arriver dans toutes les maisons de la cité. Il ne suffisait alors que de toucher du doigt la petite gemme verte de son tuyau pour que de l’eau s’en échappe et de la toucher à nouveau pour que cela s’arrête.
 
C’était un travail titanesque qu’avaient accompli là les enchanteurs car ils avaient dû ensorceler chaque gemme et le sort qui emmenait l’eau dans les canalisations nécessitait d’être renforcé toutes les quarante-cinq lunes. Cependant les Elfes étaient très fiers de leur invention qui prouvait une fois encore qu’ils étaient véritablement plus évolués et raffinés que n’importe qu’elle autre créature vivant sur Haëlor.
 
Après s’être rafraîchie Raëlle alla s’allonger sur sa couche. Elle repensa alors à ce conseil.
 
Finalement tout c’était passé pour le mieux. « J’ai eu raison sur tous les plans et personne n’a remis en cause mes jugements. Même Sorh qui a voulu me piéger n’y est pas arrivé. Vraiment cet Enchanteur est quelqu’un de bien. Je suis sur qu’il a senti la jalousie dans le cœur de Sorh. De toute façon il n’y a pas besoin d’être enchanteur pour la voir… Et maintenant j’ai une esclave. Une Elfe ! J’ai du mal à comprendre qu’une autre Elfe même si elle fait partie des renégats ait pu être condamné à l’esclavage ainsi… Enfin, ce sera utile pour moi, j’aurais quelqu’un pour m’aider et faire tout ce que je n’ai jamais le temps de faire. Ah… quand je repense à ce pauvre garçon, cela ne va pas être drôle tous les jours pour lui… Mais bon nous sommes des être civilisés, il sera bien traité et bien nourri, même si c’est un travail épuisant. Demain j’irais voir ma nouvelle servante. »
 
Et la Catal s’endormit paisiblement.
 
Elle était d’une nature compatissante envers les malheurs des autres, malgré la dureté que tentait de lui imposer son métier quotidien. Certains considéraient cela comme une faiblesse mais l’enchanteur Alhor, son maître spirituel lui avait toujours enseigné d’écouter son cœur. Etre guerrier ne signifiait pas pour autant une absence de sentiments…
 
 
 
***
 
 
Quand Alae ouvrit les yeux elle était couchée dans un lit. Tout était en bois autour d’elle et elle ignorait complètement où elle se trouvait. C’était une vaste pièce d’une construction entièrement faite de bois. Il y avait un plancher de chêne, les murs étaient en sapin et le plafond à caisson semblait être construit dans un mélange d’érable et de hêtre. La lumière pénétrait à flots par deux grandes ouvertures ménagées sur les côtés. Le mobilier se composait du lit de la jeune femme, d’une petite table de chevet, d’un bureau et de deux chaises. Le regard d’Alae s’attarda sur la ferronnerie et la forme de la porte de la chambre. Elle était en forme d’ogive et des motifs végétaux finement sculptés l’encadrait. Tout était silencieux et lumineux dans la pièce.
 
Alae se regarda. Elle ne portait plus sa robe sale et déchirée mais un vêtement vert assez saillant rehaussé de rouge. Il était ceint d’une simple corde. Son corsage fait de bandes de lin beiges enroulées était fermé par de petites abeilles de cuivre. Enfin un long ruban brun se terminant par une broche en feuille de chêne était enroulé autour de son buste et le maintenait droit.
 
Il lui sembla qu’elle était vêtue comme l’étaient les Elfes il y deux siècles...
 
Tout autour d’elle paraissait d’ailleurs archaïque mais cependant raffiné. C’était d’un goût et d’un style résolument Elfique, à cause des formes fines et finement ciselées, mais elle ne savait pas comment elle avait pu se retrouver ici. Son dernier souvenir remontait à sa chute, au fin fond de la forêt de Kaëlor.
 
La jeune femme se sentait reposée et n’avait pas faim. Visiblement quelqu’un avait pris soin d’elle durant tout le temps qu’avait duré son inconscience. Elle ne savait pourtant pas où elle se trouvait ni où était Marc. À cette pensée son esprit se troubla et tout lui revint en tête. Elle regrettait maintenant son geste. «  Je n’aurais pas dû lui confier l’Oxal. C’est lui donner encore plus de responsabilité alors qu’il en avait déjà tant… Maintenant que je suis sauvé je regrette ce geste. C’était trop peu réfléchi de ma part. Et que vas t’il penser maintenant ? Il songera peut-être que je suis morte ? Il va se faire tant de soucis pour rien ! Ah… que je suis malheureuse sans lui ! Je veux le voir ! Pourquoi n’est-il pas avec moi ? » Se demanda t’elle, la mort dans l’âme. « Que lui est t’il arrivé ? »
 
Mais alors qu’elle repensait au jeune homme, avec désespoir, et aussi, inévitablement, à l’importante discussion qu’ils n’avaient pas eu le temps d’avoir, Raëlle entra dans la pièce.
 
Elle revenait d’une mission d’inspection et était vêtue de ses habits d’apparat.
 
Son corps jeune et gracieux était élégamment drapé d’une robe vert jade rehaussée de fil d’or. Elle portait aussi la grande cape brune des gardes Sylvains sur laquelle était finement incrustée les arabesques argentées qui traduisaient son rang élevé de Catal. Le tout était maintenu par de délicates broches d’or en forme de feuille de chêne et des cordons de couleur rouge.
Ses longs cheveux blonds lui retombaient en arrière sans aucune retenue, fleuve libre et ondulé réfléchissant l’éclat de feu des deux soleils. Son long arc de frêne vert bandé était passé à son épaule, de la rude manière des soldats, et sa poignée blanche incrustée d’ivoire luisait doucement. On pouvait voir aussi un long carquois de peau contenant des flèches sombres empennée de blanc se balancer lentement dans son dos.
 
Lorsqu’elle vit qu’Alae était réveillée Raëlle sourit. Son visage fatigué par sa rude journée de marche parut s’illuminer tandis que ses traits initialement durs s’adoucissaient.
 
Alae fut impressionnée par la majesté du personnage qui se tenait devant elle. Jamais elle n’avait vu pareille grâce, mêlée à tant de beauté et de charme antique. Elle se leva de son lit, pour saluer comme il se devait la jeune femme qui venait à elle.
 
Ce fut la Catal qui parla la première :
 
_ Mon nom est Raëlle.
_ Le mien est Alae, répondit l’Altaï en souriant poliment.
_ Je suis contente de voir que tu t’es remise de ta longue léthargie, dit l’autre en établissant tout de suite une relation simple et détendue, dépourvue de politesse de forme et de toute étiquette.
_ Je vous suis profondément reconnaissante de tant de soins à mon égard, ajouta Alae, un peu surprise tout de même de la familiarité naturelle qu’avait Raëlle à son égard.
_ Je crois que je te dois quelques explications, continua t’elle. Tu te trouve ici dans le cœur de la forêt de Kaëlor, sur le territoire du Clan Othal des Elfes Sylvains. Tu as été recueillie ainsi que le jeune homme qui se trouvait avec toi par une patrouille de forestiers et amenée à Othali, la capitale, où tu es en ce moment même.
 
À ces mots Alae avait pali. L’autre ni prêta attention et continua,
 
_ Comme tu dois le savoir nul ne peut pénétrer sur le territoire Sylvain sans être jugé par le Conseil, ce qui a été fait il y a de cela cinq jours. Il a été décidé, sous le regard sacré du Mal Ath, que tu serais esclave et ce jusqu’à ce que ton âme rejoigne à jamais les Dieux sous la voûte céleste. J’ai aussi été désignée pour être ton maître. Je le serais donc et tu devras m’obéir sans jamais discuter, sous peine d’une exécution immédiate et sommaire.
_ Mais je…
_ Cependant tu devrais te réjouir car je ne suis pas une mauvaise maîtresse. Je serais attentive à tes besoins et je ne te tuerais pas à la tâche, conclut Raëlle d’un sourire compatissant. Je sais bien que presque personne ne choisit délibérément de pénétrer dans le territoire Sylvain mais la loi est la loi et nul ne peut l’enfreindre.
_ Qu’en est t’il advenu du garçon avec moi ? Demanda Alae blême devant l’annonce de sa condamnation alors qu’elle s’imaginait déjà repartir.
_ Je ne devrais rien dire de ce qui a été prononcé au Conseil, mais je vais te l’apprendre, par bonté. Il a été envoyé aux chantiers.
 
La peine d’Alae parut se dédoubler. Effondrée et morte d’inquiétude elle se laissa retomber sourdement sur sa couche. La Catal, compréhensive, s’assit à côté d’elle.
 
_ Je comprends ce que tu ressens. Il était ton ami ?
_ Il était tellement plus qu’un simple ami… répondit Alae d’une voix brisée. Je… Je ne vivais que pour lui… ajouta t’elle, consternée par le sort qui semblait s’acharner soudainement sur elle.
_ Je comprends… ne put que répondre l’autre.
 
Et les deux femmes restèrent un instant ainsi. Vraiment Raëlle était bonne et Alae le sentit. Malgré son appartenance au peuple des Bois, sa condamnation et celle de Marc ainsi que tout le malheur qui l’accablait, la jeune femme comprit qu’elle n’aurait pu trouver meilleure maîtresse.

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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /Oct /2006 15:55
Quand Alhor, l’enchanteur, arriva au lieu où devait avoir lieu la réunion deux gardes armés de longues lances aux pointes étincelantes lui écartèrent respectueusement les pans de la tente qui protégeait la plateforme des rayons des soleils. Il pénétra alors à l’intérieur, d’un pas posé et nonchalant. Tous étaient déjà là et l’attendaient.
 
Il prit place sur l’imposant siège de l’estrade centrale qui était vacant. Des coussins de laine et une étoffe jaune couvraient et rendaient confortable le grand fauteuil de bois finement sculpté. Une fois installé l’enchanteur fit un petit hochement de tête et tous les autres membres de l’assemblée qui s’étaient levés à son arrivée s’assirent révérencieusement, sans faire de bruit. Un silence parfait s'établit et seul le bruissement des feuilles au dehors sous la caresse du vent était perceptible à l’intérieur. Au bout d’un moment Alhor finit par lever la main. Il prononça alors les paroles habituelles :
 
_ Par les Anciens et les arcanes du Clan Othal je déclare ce conseil ouvert.
 
Il traça ensuite dans l’air des signes compliqués. Durant deux longues minutes il s’activa ainsi, sous l’œil attentif des autres personnes présentes à ce conseil. Petit à petit une forme complexe commença à apparaître. Elle semblait devenir de plus en plus réelle au fur et à mesure des gestes de l’enchanteur. Enfin la majestueuse rune de couleur verte, luisante et aux multiples reflets finit par apparaître. Et elle s’envola dans les airs, montant doucement des mains créatrices jusqu’au plafond.
 
_ Les yeux bienveillants du Mal Ath nous observent. Que seule la vérité soit prononcée à ce conseil, sous peine d’une malédiction éternelle et divine, prononça gravement Alhor.
 
Tous inclinèrent la tête en signe d’approbation.
 
Puis l’enchanteur se fit expliquer la situation par l’un des deux Catals assis à sa droite.
 
C’était la Catal Raëlle qui s’était chargée de s’occuper des deux étrangers. Elle était jeune et jolie, malgré ses cheveux blonds tirés en arrière et son habit de guerrière.
Son visage fin et pâle comme le reste de son corps et ses longs cils noirs lui donnaient la douceur d’une biche des bois. Il émanait d’elle une grâce particulière, mélange de fraîcheur et de légèreté. Sa bouche fine et rosée ou encore son nez délicatement arrondi en son extrémité étaient l’expression même de la beauté naturelle Elfique.
 
Cependant il ne fallait pas se fier à cette apparence angélique si commune chez les Elfes Sylvains et pourtant si trompeuse. La Catal Raëlle était une guerrière expérimentée et particulièrement efficace. Son statut de Catal du Clan Othal attestait de sa nature guerrière et de ses compétences martiales...
Sa nomination à ce poste élevé, il y a de cela quelques semaines avait fait grande impression sur l’aristocratie Sylvaine. En effet rares étaient les personnes si jeunes promues à ce poste. Il nécessitait une grande connaissance du combat, de la forêt, de la stratégie ou encore de la psychologie. D’habitude seules des personnes relativement âgées avaient l’honneur de se voir proposer la fonction de Catal.
 
Raëlle était une exception et ce n’était dû qu’à son talent...
 
Même à ce conseil elle portait une épaisse cotte de maille renforcée à certains endroits par des plaques d’armure. En effet, revenant tout juste de mission elle n’avait pas eu le temps de se changer. Elle avait simplement déposé son grand arc de frêne dans un coin de la tente. C’était son arme favorite et il ne la quittait presque jamais. Elle le maniait avec une virtuosité fabuleuse et elle ne ratait jamais sa cible...
 
Mais aujourd’hui elle se devait de faire bonne impression devant ce conseil car c’était le premier auquel elle assistait depuis sa récente nomination. De plus l’enchanteur Alhor qui avait été à l’origine de sa promotion présidait le conseil…
 
 
Elle prit la parole :
 
_ Le garde forestier Hilati a trouvé hier avec sa patrouille deux personnes sur notre territoire, répondit d’une voix acérée mais posée la Catal Elfique Raëlle. Il s’agit d’une Elfe et d’un jeune Humain. L’homme doit avoir une vingtaine d’année et l’Elfe environ la même chose. Ils semblaient dans un état d’épuisement avancé lorsque mes gardes les ont découvert. L’Elfe était blessée et j’ai ordonnée qu’on lui fasse un pansement pour éviter qu’elle ne perde trop de sang. Mais je pense qu’elle retrouvera ses esprits d’ici peu, ajouta t’elle sachant ce que cela signifiait…
En attendant la sentence de ce conseil je les ai fait mettre tous les deux en cage. Ils sont nourris, tel l’ordonne les lois fondamentales. Mais le garçon a repris connaissance il y a quelques heures.
 
L’enchanteur émit un grognement approbatif. Il reporta ensuite son attention de la jeune et jolie Catal vers l’ensemble de l’assemblée, parcourant un à un de ses yeux verts toutes les personnes présentes à ce conseil.
 
_ Maintenant que nous avons entendu ce qui était arrivé nous allons devoir prendre une décision. Il est clair que si le jeune humain a repris conscience il ne peut plus rentrer dans son peuple. Le sort de l’Elfe reste encore complètement indéterminé… Cependant n’oubliez pas mes frères et mes sœurs ce dont ces Elfes inconscients ont été à l’origine. Sans toutefois vouloir fausser votre impartialité de jugement je tenais à vous remémorer leurs erreurs passées et que vous puissiez ainsi prendre une décision qui comme vous le savez peut être très grave, en toute connaissance de cause.
Vous connaissez aussi les codes que nous ont livrés nos ancêtres. Le vote se fera dans le secret, par le biais des jetons.
De part mon statut d’enchanteur j’ai le devoir de vous proposer les différentes possibilités pour ces deux étrangers. Tous ici n’ont pas encore déjà assisté à un conseil de défense comme celui-ci (en disant ça il regardait la jeune Catal Raëlle, qui écoutait, attentive, juste à côté de l’autre Catal présent, Sorh) et c’est donc pourquoi je vais les répéter.
Lorsqu’un étranger franchit le sol Sylvain de notre territoire, et je parle bien d’une personne, lorsqu’il s’agit d’une armée c’est évidemment différent, plusieurs cas de figure se présentent. Tout d’abord entre en compte le fait que l’inconnu soit un adepte de la magie ou non. Si ce n’est pas le cas il faut alors décider de ses intentions. En fonction de ce que supposerons les Elfes de ses desseins il pourra être tué, gardé comme esclave durant une durée limité ou illimité, placé aux chantiers ou encore ramené chez lui. Si il s’agit d’un adepte de la magie il faudra alors décider de quelle côté il se place. Si c’est un adepte de la magie Noire ou Obscure il sera tué, sinon les possibilités restent les mêmes que pour quelqu’un trouvé ne pratiquant aucune forme de magie. La mort reste envisageable pour un magicien exerçant le bon côté de la magie…
 
Dans le cas de figure aujourd’hui les deux personnes trouvées pratiquent la magie, d’après le rapport de la Catal Raëlle. Pouvez-vous nous décrire à l’oral ce qui vous à permis de classer les deux individus dans cette catégorie ?
 
_ Bien entendu enchanteur, dit celle-ci en se levant.
 
Elle parla alors, d’une voix dure et assurée comme à son habitude.
 
_ Tout d’abord j’ai classé le jeune humain dans cette catégorie de personne. En effet il portait sur lui, à sa ceinture pour être précis, une arme d’une puissance énorme. Ce jeune humain apparemment sans véritable défense ni aura magique maniait une épée réceptrice incrustée d’une pierre au propriétés magiques mais encore inconnues. Cette arme est sans aucun doute le signe que ce garçon est un grand magicien. Nul ne peut porter un tel objet sans disposer de connaissance dans les domaines de la magie universelle.
 
Ensuite j’en ai fait de même pour l’Elfe qui l’accompagnait. Ce second choix a été plus ambigu car je n’avais pour faire le choix que deux choses qui même si elles portaient une trace de la magie n’en étaient pas des preuves irréfutables :
 
-L’épée que porte l’Elfe. En effet cette arme était visiblement magique et luisait dans l’obscurité. D’autre part il a été aussi trouvé que cette épée produisait des blessures profondes et qui ne se refermaient que très difficilement.
 
-De plus l’Elfe est vêtue d’une robe pourpre singulière dans sa coupe et semblable à celle de leurs magiciennes. Elle possède aussi une tresse qui m’a parue rituelle, et pas seulement esthétique. Je suis donc tenté de dire que ces vêtements sont ceux de quelqu’un maniant la magie. Il faut aussi signaler que le contact avec cette personne est très particulier, voir douloureux. Lorsque les gardes l’on portée pour l’amener dans sa cage ils ont éprouvés une sensation très désagréable à l’endroit ou elle les touchait. Il ne s’agit cependant pas d’une aura magique, même si elle en possède une petite, mais plutôt d’un pouvoir corporel pour l’instant ignoré. Il n’est pas impossible non plus qu’il s’agisse d’un pouvoir personnel travaillé dans une direction guerrière, comme le font certains des Elfes de l’autre côté des montagnes.
 
_ Y a-t-il des questions relatives à ce choix qu’a effectuée la Catal Raëlle quand au classement de cet humain et de cette Elfe dans la catégorie des personnes utilisant la magie ?
 
L’assemblée resta de marbre.
 
_ Bien, dit alors l’enchanteur, dans ce cas il nous faut traiter la question de la magie exercée par ces individus. Veuillez je vous prie me décrire vos pensée Catal Raëlle, vous qui avez vu ces étrangers. Chacun donnera ensuite son opinion.
 
_ Et bien c’est un choix qui est difficile, en particulier pour le garçon. En effet dans son cas l’épée est ce que j’appellerais un élément magique neutre car en fonction de la personne qui la manie cette arme peut devenir bonne ou mauvaise. Cependant cet humain semble profondément positif, dans son aspect et dans sa mentalité. Les arbres ont un comportement très différent envers lui. Lorsqu’on les interroge ils disent qu’ils le connaissent, qu’il a la possibilité de leur parler et que c’est un bon jeune homme, qu’ils l’apprécient…
 
_ Excusez moi de vous interrompre Catal Raëlle, coupa le Catal Sorh assis juste à côté, il me semble que cette information est d’une grande importance et je ne comprends pas pourquoi vous ne l’avez pas mentionnée plus tôt, lorsque nous traitions de la question de l’utilisation de la magie par les étrangers. Cependant je suis sur que vous allez m’éclairer sur le sujet.
 
Mais la jeune Elfe ne pu pas répondre. Pendant plusieurs secondes qui lui parurent être les plus longues de sa vie elle ne réussit pas à trouver de justification valable. Ses mains se mirent à s’agiter tandis qu’elle perdait progressivement son calme et sa prestance. Le Catal Sorh la regardait fixement, un petit sourire au coin des lèvres. Toute l’assemblée attendait maintenant la réponse qu’elle allait donner à cette question visiblement embarrassante. Raëlle avait vraiment oublié de mentionner ce point et elle avait commis l’erreur de le citer ensuite, ce qui n’avait bien sur pas échappé au Catal Sorh son collègue. Il était jaloux de sa réussite, si rapide par rapport à la sienne. En effet Raëlle était maintenant au même poste que lui alors qu’elle n’avait que vingt ans et il en avait cinquante...
 « Je ne dois pas être discréditée en public, je n’ai qu’à dire la vérité » finit-elle par penser. Et enfin elle pu articuler quelque chose. Ce n’était pas glorieux et elle avouait ainsi un manque de rigueur mais elle n’avait pas d’autre choix.
 
_ Je suis confuse mais j’ai oublié de mentionner ce point.
 
Cependant avant que le Catal Sorh ne puisse dire quoi que ce soit l’enchanteur, qui jusque là n’avait rien dit prit la parole.
 
_ De toute façon cela n’aurait influé notre choix que dans le sens de ce qui a déjà été décidé. Il n’y a donc pas lieu d’avoir débat là-dessus. La Catal Raëlle a donc oublié de mentionner ce point, c’est pardonnable, de plus vous devez être indulgents car qui d’entre vous n’a pas été anxieux lors de celui-ci ?
 
Un murmure d’approbation se fit entendre par tous les membres du conseil, excepté peut-être pour le Catal Sorh, qui ne dit rien et baissa la tête de dépit.
 
_ Puisque tout le monde est d’accord laissons donc la Catal continuer, acheva l’enchanteur.
 
Raëlle lui fit un petit sourire auquel il répondit discrètement. Puis elle respira un grand coup et reprit le cour de son exposé devant les anciens attentifs à nouveau.
 
_ Donc je crois que nous pouvons faire confiance aux arbres. C’est ce que nous avons toujours fait depuis que nous sommes ici et c’est grâce à cela que nous y sommes encore. Si les arbres de la forêt le juge bon et qu’il est même capable de leur parler c’est qu’il doit manier la magie dans son côté noble. C’est pour ces raisons que je serais d’avis de juger que cet humain manie la même magie que nous.
Quand à l’Elfe il est évident que, de par sa nature, ce n’est pas possible qu’elle manie une autre magie que la bonne. Ce serait tellement contraire à toute la nature Elfique que je ne pense pas que les Elfes de derrière les montagnes, malgré leur état de dépravation, oseraient pratiquer les domaines interdits. Cependant ceci n’est que mon humble avis et je peux me tromper bien entendu enchanteur.
 
_ Très bien, je vous remercie Catal pour avoir donné votre avis qui me parait tout à fait raisonnable et fondé. Je demande donc à cette assemblée si quelqu’un juge que ces deux étrangers pratiquent la magie Noire ou Obscure ?
 
Personne ne s’opposa à cette décision et elle fut donc adoptée. Il s’agissait maintenant de juger les deux captifs. L’enchanteur expliqua le sens des deux séries de quatre jetons disposées devant chacun des membres du conseil. Tous les morceaux de métal signifiaient une peine différente et il y en avait deux suites de quatre car il y avait deux personnes à juger. Enfin chacun se retira l’un après l’autre hors de la tente avec les jetons pour n’en placer qu’un dans la fente de deux gros érables prévus à cet effet. Le vote se faisait ainsi dans le secret et l’égalité.
 
Quand tout le monde eu voté le conseil se déplaça près des deux arbres. L’enchanteur procéda alors au dépouillement, devant les yeux attentifs des vingt membres. Il s’occupa en premier lieu de l’arbre correspondant à Marc. En fait était creusé dans les arbres un second trou perpendiculaire au premier. Ces deux fentes communiquaient et l’enchanteur n’eu qu’a retirer une planchette de bois scellée pour récupérer les jetons. Alhor les compta alors et prononça la sentence, de sa voix grave.
 
_ Pour le jeune humain le conseil de défense du clan Othal a décidé, sous la protection et l’observation des Dieux, la peine suivante :
Le jeune homme sera envoyé aux chantiers.
 
Puis l’enchanteur alla s’occuper du second arbre. Après avoir brisé les sceaux il prononça l’autre décision :
 
_ Pour la jeune Elfe le conseil de défense du clan Othal a décidé, sous la protection et l’observation des Dieux, la peine suivante :
La jeune Elfe sera esclave pour la durée entière de sa vie.
Etant donné que c’est la Catal Raëlle qui s’est occupé de ces deux étrangers je décide que cette nouvelle esclave sera maintenant à son service, dès qu’elle aura repris connaissance.
Je déclare maintenant le conseil dissous.
 
Et au moment où il prononça ces paroles la rune verte qui volait au plafond disparut.
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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 18:46
Cependant alors que Marc se reposait, récupérant un peu son épuisement profond, ses ravisseurs se réunissaient pour débattre de son sort et de celui d’une autre de leur captives, Alae…
 
En fait Marc et Alae avaient été fait prisonniers par les véritables habitants de la forêt d’Haëlor : Les Elfes Sylvains.
 
Les Elfes Sylvains, ou Elfes des Bois, étaient les derniers survivants d’un peuple jadis prospère et puissant. En effet bien avant que les humains n’apparaissent à la surface d’Haëlor les Elfes dominaient le vieux continent et occupaient la totalité de sa surface. Les terres qui forment aujourd’hui l’empire Humain étaient alors Elfiques. Cependant après la sortie des Nains de leurs montagnes, l’arrivée de puissants trolls et une attaque de magiciens Elfes renégats, qui fut à l’origine des prémices de ce qui sera ensuite appelé la « grande guerre », les Elfes furent repoussés de l’autre côté de la forêt de Kaëlor. Ils durent s’installer derrière la chaîne de montagne des Alfhans, dans la partie qu’ils occupent maintenant. Mais certains d’entre eux, refusant de fuir face à l’ennemi se regroupèrent et s’installèrent dans la grande forêt. C’était principalement des nobles et des aristocrates Elfes.
 
Progressivement les liens entre ces Elfes restés pour combattre et ceux qui s’étaient repliés se distendirent, les combattants jugeant que ceux qui avaient fuit étaient des lâches indignes et refusèrent par la même de continuer à entretenir de bonnes relations avec eux.
 
Ainsi les Elfes restés dans les bois de Kaëlor se coupèrent de tout contact extérieur et devinrent entièrement autonomes. Une nouvelle vie commença pour eux :
 
Ils apprirent, grâce à leur sens aigu de l’observation et à leur respect profond de la nature, à connaître les secrets de l’immense forêt, ses lois et ses occupants.
Ils bâtirent de vastes cités en son sein, juchées à la cime des arbres, pour être en sécurité face à tous les dangers qui les menaçaient.
 
Quelques uns, les Enchanteurs, entreprirent de découvrir la magie qui résidait sous l’écorce des grands arbres, tandis que d’autres s’entraînèrent à manier l’arc mieux que quiconque.
 
Ils s’organisèrent en Clans, structurés autour de leurs grandes villes. Chaque Clan était dirigé par ses Enchanteurs et les plus anciens des siens. Les Clans étaient tous liés profondément entre eux et jamais deux clans Elfe Sylvains ne se combattirent. En effet, pour éviter une guerre interne qui aurait été un désastre, les Elfes avaient dès le début mis en place un système de règles variant selon les Clans mais qui devaient être scrupuleusement respectées à partir du moment où l’on pénétrait dans le territoire d’un des Clans Elfique.
 
Ils firent aussi de nombreux raids armés sur leurs anciennes terres, livrées au chaos et ravagées par la guerre. Tous gardaient secrètement le désir de reprendre un jour leurs possessions sur les barbares qui les occupaient et de montrer ainsi la supériorité de leur race sur toute les autres et en particulier par rapport à leurs cousins vivant de l’autre côté des montagnes. Cependant malgré leurs meurtrières sorties de la forêt ils n’arrivèrent jamais à reprendre le contrôle de ce qui fut jadis leurs propriété.
 
Une nouvelle race finit par émerger de ce chaos, les humains. En ayant du s’imposer face à tous leurs redoutables adversaires ils étaient devenus un peuple rude, composé de guerriers féroces. Lorsque les Elfes des Bois se rendirent compte de l’arrivée de ces nouveaux venus ils les considérèrent immédiatement comme des ennemis et ne firent pas de distinctions entre eux et ceux qu’ils avaient combattus auparavant.
 
Cependant leurs cousins Elfes, vivant bien protégés de l’autre côté des montagnes, entendirent aussi parler des Humains. Mais au lieu de les juger comme l’avaient fait les Elfes Sylvains, c'est-à-dire comme des barbares d’une forme d’intelligence réduite et méprisable, ils virent en eux le seul espoir de ramener la paix et la civilisation sur la partie Ouest du monde.
 
C’est ainsi qu’ils décidèrent d’aider les jeunes Hommes à lutter face à tous leurs terribles adversaires. Ils envoyèrent des émissaires pour les former à l’art de la métallurgie et du combat. Grâce à leur soutien les Humains purent rapidement établir un petit royaume initial, sur les terres des Trolls. Les terres des Hommes ne cessèrent ensuite de s’agrandir, jusqu’à devenir l’empire Humain et occuper tout l’Ouest du continent. Ainsi ceux que les Elfes Sylvains avaient jugés incapables exterminèrent les trolls presque jusqu’aux derniers et repoussèrent profondément les Nains dans leurs cavernes souterraines des montagnes Alfhanes. Les Elfes de l’Est leurs apprirent alors à maîtriser la magie qui régit le monde et c’est ainsi que furent crées les collèges de magie, ou furent formés les premiers Magiciens Humains. Des relations commerciales intenses s’installèrent alors entre ces deux peuples et une amitié mutuelle se forgea, permettant de vaincre les ultimes Sorciers Elfes renégats restants.
 
Cependant les Elfes Sylvains furent furieux de l’initiative de leurs frères citadins d’aider les Humains. Cela finit de briser les dernières relations qui avaient encore pu subsister entre ceux qui étaient restés dans la forêt et ceux qui s’étaient réfugiés derrière les montagnes. Les Elfes des Bois considérèrent que leurs cousins avaient dilapidé leur savoir en le transmettant ainsi aux humains qu’ils jugeaient n’être pas plus que des bêtes.
Quand la grande guerre arriva et que des Magiciens Humains qui avaient étés formés dans les collèges de magie crées par les Elfes passèrent du côté sombre, les Elfes Sylvains furent une fois de plus confortés dans leur idée que les Hommes n’étaient pas capable d’apprendre et de comprendre des choses comme la magie. Une fois de plus ils trouvèrent que les Elfes des villes avaient fait une grave erreur et leur mépris envers eux redoubla.
 
Durant toute la durée des combats ils ne répondirent pas aux appels à la guerre que leurs envoyaient leurs cousins, se contentant seulement de tuer tout ceux qui franchissaient les frontières de leurs territoires, sans distinctions. Avec l’aide des Humains pourtant les Elfes de l’Est réussirent à repousser les forces de ceux qui furent appelés plus tard les quatre Noirs. Et depuis la grande guerre la situation est restée ainsi :
 
- Les Elfes Sylvains méprisent leurs anciens frères vivant derrière les montagnes et ont pour eux une haine et un mépris nourris par des années de rancœur. Ils trouvent que les Humains ne sont ce qu’ils sont que grâce à l’aide Elfique et pensent qu’ils sont incapables d’égaler les Elfes, qu’ils resteront toujours à cet état de barbarie qui les caractérise si bien. Ils ne les voient que comme des êtres ayant profité de tout le savoir acquis avant eux sans jamais rien avoir découvert.
 
- Les autres Elfes jugent que les Elfes des bois sont des personnes bornées n’ayant jamais su vivre avec leur temps et comprendre la nécessité lorsqu’elle était là. Ils sont confiants envers les Hommes et les jugent tout à fait aptes à devenir une grande civilisation. Ils ont vu aussi dans les combats de la grande guerre que les Humains étaient capable de se battre avec une rage et un courage que peu d’Elfes avaient. Cela les a fait respecter ce jeune peuple fougueux et a, pour eux, démontré une fois de plus qu’ils avaient eu raison de les aider. Ils ne sont pas mécontent du nouvel ordre qui s’est établi ensuite et sont heureux des relations commerciales qu’ils ont réussit à forger.
 
- Enfin les humains ignorent presque tous l’existence d’Elfes dans la forêt de Kaëlor et l’histoire remontant avant la création de l’Empire leur est complètement inconnue. Ils considèrent les Elfes comme des personnes bienveillantes mais compliquées et quelques fois hautaines. Ils ont souvent du mal à saisir les motifs de toutes leurs actions et ont renoncé depuis longtemps à comprendre toute la civilisation Elfique ainsi que ses coutumes complexes. Ils leurs sont en tout cas reconnaissant de leur avoir enseigné l’utilisation de la magie. En effet elle facilite grandement leur vie et leur permet de se défendre habilement contre leurs ennemis de toujours.
 
Mais ce jour là les responsables Elfes Sylvains du Clan Othal se réunissaient pour décider du sort des deux humains qui avaient étés trouvés par la patrouille de forestiers d’Hilati.
Comme toujours le conseil était constitué d’un enchanteur initié, de plusieurs soldats Elfes haut gradés et d’anciens. Il y avait en tout vingt participants.
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Par Xoyfire - Publié dans : Entrez en Haëlor...
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 18:23

ET OUI, IL Y A EXACTEMENT 1 AN JE CREAIT CE BLOG, DANS L'INTENTION DE FAIRE PARTAGER MON ROMAN ET RECEVOIR LES AVIS DE LECTEURS...

Maintenant quand je regarde le travail accompli je ne peux pas m'empecher de me dire: "quel avancement!" Le texte a progressé et s'est amélioré aussi au niveau du style, les personnages ont changé, l'histoire s'est vue transformée maintes et maintes fois, et même encore au moment où j'écris ces lignes une grande mise à jour va bientôt être mise en ligne, concernant surtout les chapitres 1, 3 et 4. Ce blog est une belle aventure et grâce à vous il continue d'être autant fréquenté.

Je vais me dêpecher d'écrire mais c'est vrai que le fait de devoir publier relativement régulièrement est un moteur qui me pousse à avancer et je ne sais pas si j'aurais continué la rédaction de cette aventure sans cette motivation.

Alors merci à tous et continuez de me dire ce que vous pensez du texte comme de l'architecture du blog pour me permettre d'avancer encore et de m'améliorer !!

Votre dévoué webmaster, Xoyfire ;)

Par Xoyfire - Publié dans : La vie du blog
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